Le Conseil d'Etat fribourgeois - cela n'a pas toujours été le cas ces derniers temps - avait pourtant finement joué sa partition. Son compromis était judicieux: les commerces ouvrent une heure de plus le samedi, jour où la clientèle est nombreuse, et une heure de moins lors de nocturnes qui ne font de loin pas le plein. Et comme les partenaires sociaux peinent à conclure une CCT dans le secteur de la vente, le gouvernement fribourgeois veut imposer au moins un contrat type de travail.

La droite, peu convaincue au début, a fini par se ranger derrière cet argument. La gauche, au contraire, n'accepte pas le compromis. Engagés dans un long bras de fer avec le patronat, les syndicats lancent le référendum, qu'ils disaient pourtant vouloir éviter.

C'est un beau gâchis. La révision de la loi sur le commerce votée par le Grand Conseil n'a rien d'un «diktat néolibéral». Or, son entrée en vigueur est maintenant repoussée d'au moins une année. Cet affrontement politique stérile fait une victime: les consommateurs fribourgeois. En premier lieu les familles, pour qui le samedi est un jour déjà bien rempli. Elles apprécieraient donc de disposer d'une heure supplémentaire pour pouvoir faire leurs courses.