Les Vaudois, qui avaient été parmi les pionniers du suffrage féminin, seront-ils les premiers à accorder aux étrangers assimilés des droits politiques cantonaux complets? Les rares cantons qui se sont engagés dans cette voie sont tous plus restrictifs. En choisissant la version maximale, la Constituante vaudoise joue pleinement son rôle. Elle ne l'a pas toujours fait jusqu'ici, mais cette fois elle ose. Elle donne un signal important pour la suite, même s'il y a encore loin de la coupe aux lèvres.

Dans une société de mobilité et d'appartenances multiples, les droits politiques des étrangers semblent inéluctables. Ils n'en suscitent pas moins de fortes résistances. Devant le peuple, de nombreuses tentatives ont échoué lorsqu'elles étaient isolées. On peut du reste craindre que Genève n'ajoute dimanche une date de plus à cette longue chronologie des rejets.

Pour avancer, la voie de la Constituante représente un moyen plus sûr, puisqu'elle débouchera sur un vote global. Au lieu d'une focalisation pas toujours saine sur la population immigrée, la question des droits politiques des étrangers y trouve sa juste place: un chapitre parmi d'autres dans un paquet destiné à donner un nouvel élan à la vie communautaire.