Au lendemain d’une arrivée chaotique au Japon, retardée par des problèmes sur son avion officiel, le président Guy Parmelin a pu se concentrer sur l’objet principal de sa visite dans l’archipel : la promotion des échanges et les discussions sur «les enjeux partagés que sont la transition énergétique, la numérisation ou encore le vieillissement de la population». 

Ces thèmes ont dominé la rencontre, samedi 24 juillet, avec le premier ministre, Yoshihide Suga. Ils apparaissent en filigrane du projet dévoilé le même jour: la création au premier semestre 2022, à Osaka (Ouest du Japon) d’un consulat abritant une antenne du réseau Swissnex, outil fédéral de connexion avec le monde de la recherche et de l’innovation.

Révision de l'accord bilatéral

Sur le plan commercial, Guy Parmelin a plaidé pour la réouverture du dossier de l’accord bilatéral de libre-échange. Signé en 2009, cet accord était le premier conclu par le Japon avec un pays d’Europe. Depuis, Tokyo a conclu des accords similaires avec d’autres partenaires comme l’Union européenne ou les pays du pourtour du Pacifique dans le cadre du Partenariat transpacifique de libre-échange. 

«L’accord bilatéral est toujours apprécié mais certains points méritent une mise à jour », estime M. Parmelin. La question notamment de l’accès aux marchés – qui avaient donné lieu à d’âpres négociations entre Bruxelles et Tokyo - devrait figurer en tête des sujets à revoir. 

La rencontre Suga-Parmelin est organisée une semaine après la signature d’un amendement à la convention fiscale entre Berne et Tokyo, dont l’objectif est d’encourager les investissements. Elle intervient aussi dix jours après la réunion en Islande du conseil de l’Association économique de libre-échange (AELE), ce qui semble confirmer une volonté du Conseil fédéral de renforcer les partenariats économiques existants. Pour ce qui est du Japon, M. Suga se serait dit prêt à une réouverture des discussions. 

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Coopération scientifique 

La visite de M. Parmelin a aussi été l’occasion d’officialiser le projet Swissnex à Osaka, «une région qui compte plus de 200 universités, dont celles de Kobe, Kyoto ou Osaka, qui sont de très haut niveau», explique Felix Moesner, conseiller scientifique de l’ambassade qui a déjà supervisé la création du Swissnex de New York. 

L’objectif de cette nouvelle structure – il en existe déjà cinq, installées aux Etats-Unis, en Chine, en Inde et au Brésil - sera de dynamiser une coopération bilatérale scientifique déjà solide, en approfondissant des domaines d’intérêts commun comme le vieillissement démographique, l’innovation énergétique ou encore le changement climatique, tout en soutenant des start-ups suisses souhaitant s’implanter au Japon. 

L’idée est aussi, en s’appuyant sur un recrutement de personnes «capables de se projeter hors des sentiers battus» selon M. Moesner, de préparer l’exposition universelle d’Osaka, programmée en 2025. Cette dernière accueillera un pavillon suisse « présentant des innovations sur le futur de l’humanité par la définition d’une société au service de la vie ».  

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Les Jeux Olympiques, tout de même

Le retour en Suisse de Guy Parmelin est prévu pour le 25 juillet. Les démarches de ce samedi ont pu compenser l’annulation des rencontres prévues la veille avec l’empereur, Naruhito, et le ministre des affaires étrangères, Toshimitsu Motegi, en raison du retard de son avion.

Cet imprévu ne l’a pas empêché d’assister à la cérémonie d’ouverture des Jeux, qu’il a trouvée de qualité, «entre tradition et modernité» mais aussi «à taille humaine et loin de tout gigantisme», et ce malgré l’absence de public en raison de la pandémie de Covid-19. Il en a d’ailleurs félicité M. Suga, qui lui a, de son côté, promis d’ «assurer la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo en prenant toutes les mesures possibles contre le Covid-19». Guy Parmelin a aussi profité de sa présence pour saluer «à distance en raison de la bulle sanitaire», la réussite de Nina Christen, médaillée de bronze au tir à la carabine à dix mètres.

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