Genève

Les commerces genevois pourront ouvrir trois dimanches par année

Quelque 57% des électeurs ont accepté le contre-projet à l’initiative «Touche pas à mes dimanches!». En plus du 31 décembre, les magasins pourront ouvrir leurs portes trois dimanches par an. En parallèle, le dernier crédit de réaménagement de la plaine de Plainpalais a été approuvé

En sus du 31 décembre – journée considérée comme fériée dans le canton, les commerces genevois pourront ouvrir trois dimanches par année, et ce jusqu’à 17h, comme l’autorise la législation fédérale. Par 57,36% des voix, les électeurs ont approuvé ce contre-projet concocté par une majorité du parlement et destiné à donner un peu d’air frais aux magasins face au tourisme d’achat (en France voisine ou sur le Net), et dont les résultats sont plombés par le franc fort.

Par la même occasion, ils ont rejeté l’initiative «Touche pas à mes dimanches!», lancée par la gauche et les syndicats. Le texte visait préventivement à interdire toute ouverture dominicale à Genève.

«Nous avons été très divisés sur la question»

La balle est désormais dans le camp des partenaires sociaux, la possibilité d’ouvrir ses portes un dimanche étant conditionnée à la conclusion d’une convention collective de travail étendue dans le commerce de détail, ayant donc force de loi. Une contrepartie jugée bien trop généreuse par le Parti libéral-radical, qui – une fois n’est pas coutume – n’avait pas suivi les milieux patronaux. Ces derniers avaient d’ailleurs peiné à comprendre la position d’un parti «censé représenter l’économie».

Son président, Alexandre de Senarclens le concède: «Nous avons été très divisés sur la question.» Mais pour une majorité des délégués (60 voix contre 49), il n’était pas question de pactiser avec l’ennemi en lui offrant l’opportunité de tenir le couteau par le manche dans les futures tractations qui s’annoncent. Ayant dénoncé l’actuelle convention pour 2018, les syndicats pourraient profiter de ce contre-projet pour négocier à la hausse une nouvelle CCT, craignent les libéraux-radicaux.

Législation «protectionniste»

Dans le camp des gagnants, le Mouvement Citoyens genevois s’est félicité de l’adoption d’une législation «protectionniste». «A la fois pour les employés et pour l’économie genevoise», déclare le député François Baertschi, qui rappelle que les commerces français peuvent ouvrir 12 dimanches par année. Le PS salue un résultat qui «prouve» que les électeurs ont compris qu’une extension de l’ouverture des magasins «devait s’accompagner de mesures pour résoudre les problèmes dus à cette flexibilité accrue imposée par les employeurs».

En termes de compensation, le travail dominical sera rémunéré à double ou compensé en temps libre équivalent, soit plus que ne prévoit actuellement la législation fédérale sur le travail. Quant au gouvernement genevois, qui n’avait officiellement pas pris position pour le contre-projet mais s’était opposé à l’initiative, il reste dubitatif sur l’obtention d’un accord entre partenaires sociaux.

Opposée avec le PLR au contre-projet, l’UDC genevoise fait part de son regret des résultats, jugeant la législation actuelle «parfaitement satisfaisante» et craignant que la palette des sanctions prévues par la loi en cas d’infraction – de 300 francs à 60 000 francs – ne «risque encore de donner lieu à des amendes disproportionnées».

L’aménagement de la plaine de Plainpalais sera terminé

Autre résultat très attendu à Genève, celui du réaménagement de la plaine de Plainpalais sur fond de virulente polémique liée à la santé des arbres. Presque 61% électeurs de la Ville ont approuvé le crédit d’investissement d’un peu plus de 8 millions de francs qui devrait permettre de finaliser l’aménagement de la grand place. Les travaux qui débuteront en janvier 2017 seront terminés à la fin 2018, promet le magistrat des Constructions, le conseiller administratif Rémy Pagani.

L’élu d’Ensemble à gauche avait été accusé par des conseillers municipaux de sa propre famille politique de flirter avec la loi, notamment en ayant utilisé des fonds publics pour financer les dessins de l’artiste Aloys exposés sur des arbres de la plaine. Là où ses opposants y voient de la propagande, l’édile martèle qu’il s’en est tenu à la jurisprudence du Tribunal fédéral en ne «faisant que de l’information».

Les arbres de Plainpalais seront abattus

Quant aux 49 abattages d’arbres intervenus récemment «pour des questions de sécurité», les détracteurs du magistrat n’en démordent pas: «Si ces arbres étaient dangereux, alors pourquoi avoir mis 13 jours pour sécuriser le périmètre?», s’étonne Pierre Gauthier (PRG), qui dénonce la politique «approximative et obscure» de Rémy Pagani.

Résultats fédéraux

Le canton de Genève a également approuvé l’initiative pour la sortie du nucléaire à 58,29%. Un résultat attendu au vu de la culture anti-atome d’un canton qui a même banni l’énergie nucléaire dans sa Constitution.

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