La Commission de l'économie et des redevances (CER) du Conseil national ne voit pas la nécessité de décréter des mesures urgentes contre la crise financière. Eveline Widmer-Schlumpf - en remplacement de Hans-Rudolf Merz - et Doris Leuthard ont convaincu la commission de ne rien précipiter. «Nous sommes dans une situation confortable par rapport à d'autres pays», diagnostique sa présidente, Hildegard Fässler (PS/SG).

Les deux ministres ont confirmé qu'elles préparaient un projet de protection des dépôts bancaires, «mais nous ne savons pas quand le Conseil fédéral va agir, les plans détaillés ne nous ont pas été présentés», poursuit la socialiste, qui précise que la CER n'a «pas parlé de plan de sauvetage des banques». Le gouvernement pourrait adopter ce mercredi son plan de protection de l'épargne, pour autant qu'il soit mûr. Et il discutera de la signification pour la Suisse du plan de sauvetage européen, selon Doris Leuthard. Mais le Conseil fédéral ne se prononcera sur une éventuelle participation à ce plan que s'il est saisi d'une demande.

Progression à froid

Dans l'immédiat, la CER apporte son soutien à une première proposition. A l'initiative du groupe libéral-radical, elle souhaite anticiper la compensation de la progression à froid. Les perspectives de croissance étant revues à la baisse - entre 0,7% et 1% pour 2009 -, le groupe libéral-radical espère donner un peu d'air aux contribuables en leur accordant cette compensation fiscale dès 2009, sans attendre que l'inflation ait franchi le seuil qui la déclenche. Selon le PLR, le pouvoir d'achat des Suisses serait ainsi accru de 600 millions.

La commission demande aussi deux rapports au Conseil fédéral Le premier, requis par le PS, analysera les effets de la crise sur l'économie et esquissera l'avenir des marchés financiers. Le second, signé Dominique de Buman (PDC/FR), étudiera des mesures anticycliques susceptibles de soutenir la croissance, comme le renforcement de la loi sur le marché intérieur, l'anticipation d'investissements ou l'assouplissement du frein à l'endettement, qui pourrait pécher par excès de «rigorisme», craint le Fribourgeois.