Thomas Hurter (UDC/SH), le président de la sous-commission de sécurité chargée de superviser le choix des prochains avions de combat, reconnaît que le cas de BAE Systems est embarrassant. «Nous ne savons actuellement rien à ce sujet. Nous ne pouvons rien faire d'autre qu'attendre la fin des évaluations», relève le conseiller national et ancien pilote.

La sous-commission restera toutefois attentive et demandera à Armasuisse de la tenir au courant de cette enquête. Si les soupçons se confirment, le Schaffhousois envisage alors de demander directement à BAE Systems de se justifier.

Transparence pas exigée

Dans la longue procédure qui doit permettre de remplacer la flotte des Tiger, aucun point ne stipule toutefois que les avionneurs en course doivent montrer patte blanche. Le président de la sous-commission estime que cela n'est pas nécessaire. «Si ces affaires de corruption se révèlent exactes, elles ne manqueront pas de peser lourdement dans la balance lors des débats politiques sur le remplacement des Tiger.»

L'écologiste zougois Josef Lang cherche à empêcher que la corruption ne s'invite en Suisse. Pour ce faire, il a soumis trois propositions à la sous-commission pour une plus grande transparence dans la procédure. Cette dernière les a refusées par quatre voix contre trois. L'emblématique antimilitariste tentera, au niveau de la Commission de sécurité du National cette fois, de faire passer ces trois points, qui stipulent que les noms des lobbyistes soient connus et que la somme dévolue au lobbying dans le budget soit révélée.

Pour le Zougois, quoi qu'il arrive, «cette enquête met déjà du plomb dans l'aile du Gripen de BAE, qui avait les meilleures chances de passer la rampe du peuple, en raison de son prix surtout». Et les autres avionneurs ne sont pas pour autant à l'abri.