Sur la base d'informations fournies par le juge genevois Daniel Devaud, la justice française a ouvert deux nouvelles enquêtes concernant des versements occultes au profit de l'ancien préfet du Var, Jean-Charles Marchiani, bras droit de l'ex-ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Entre 1991 et 1999, Jean-Charles Marchiani aurait touché près de quatre millions de francs suisses issus de contrats portant sur la fourniture de chars français aux Emirats arabes unis et sur la vente d'un système de gestion des bagages à l'aéroport de Roissy, indiquait Le Monde mercredi.

Montages très compliqués

Selon un connaisseur du dossier, ces sommes auraient été perçues dans des banques suisses au travers de «montages très compliqués» mis sur pied par plusieurs financiers helvétiques. Les juges français et suisses soupçonnent Jean-Charles Marchiani de «corruption passive». L'ancien haut fonctionnaire, devenu député européen, n'a encore jamais été entendu, ni inculpé par la justice genevoise. Rejetant toute accusation de corruption, il a expliqué au Monde qu'il avait rémunéré, sur des fonds privés, des «informateurs […] dans la lutte contre le terrorisme islamiste». En Suisse, le nom de Jean-Charles Marchiani est déjà apparu dans les enquêtes concernant des livraisons d'armes à l'Angola, dont le financement passait aussi par des banques helvétiques.