Après Tavannes et l'élection le 2 décembre 2001 de Jean-Pierre Aellen, une autre grande commune du Jura bernois vire à gauche: Tramelan a élu dimanche à sa mairie Milly Bregnard, 62 ans, brisant quatre décennies d'hégémonie radicale à la tête de ce bourg industriel de 4200 habitants – le maire Bernard Jacot n'était plus candidat. La socialiste a obtenu 52% des suffrages, contre 48% au radical Philippe Augsburger. «Le climat social et économique actuel n'est pas favorable aux radicaux», commente le député socialiste tramelot Christophe Gagnebin. Dans la foulée de sa victoire à la mairie, le PS rafle la majorité absolue à l'exécutif, au détriment là encore du Parti radical. «Nous entendons redonner confiance à la population, poursuit le député de gauche, mieux profiler la commune sur le plan régional et diffuser l'image positive d'une localité dynamique, où la Question jurassienne ne joue fort heureusement plus de rôle.»

A Moutier, sans surprise, l'électorat a réaffirmé sa confiance dans le maire sortant. Le socialiste autonome Maxime Zuber a recueilli 86% des suffrages. Son adversaire, l'indépendant Raymond Morandi, n'aura rallié qu'une faible minorité de mécontents. Sans renier ses idéaux indépendantistes, Maxime Zuber avait mis la Question jurassienne en veilleuse, pour se présenter comme un rassembleur capable de redonner espoir à une ville durement touchée par les vagues successives de licenciements chez Tornos. «Mon score dénote la volonté des gens de Moutier, même dans les rangs antiséparatistes, de se battre ensemble pour offrir un avenir à la ville», commente le président de la Prévôté qui ose une pointe d'humour dans la grisaille sociale ambiante, déclarant avoir fait «encore mieux que Chirac». Les socialistes séparatistes (PSA) sont les vainqueurs de l'élection à Moutier, emportant un siège supplémentaire à l'exécutif où les autonomistes comptent six des neuf fauteuils.

A Saint-Imier, le maire autonomiste Stéphane Boillat a été réélu tacitement. Les rapports de force ont peu évolué: l'exécutif comptera toujours deux élus socialistes, deux radicaux et deux d'Alliance jurassienne, le parti du maire ayant encore progressé dimanche.