Malgré les interdictions du canton liées à des dangers d’avalanches et de laves torrentielles, une commune du Bas-Valais a construit deux maisons en zone rouge. «Cette commune devait dézoner les surfaces concernées», explique Pascal Stoebener, chef de la section Dangers naturels du Valais, qui ne veut pas nommer le village concerné. «Elle a peut-être pensé que canton et Confédération subventionneraient des ouvrages de protection une fois les constructions terminées», poursuit-il. Or, elle devra ­assurer elle-même la protection des bâtiments qu’elle a laissé construire. «Les ouvrages de protection ne permettent pas de lever une interdiction de construire dans une zone d’avalanche», précise Pascal Stoebener.

Exigence fédérale

Le paradigme a changé après les intempéries d’août 2005 en Suisse. Si autrefois on construisait en protégeant ces zones, la Confédération exige aujourd’hui d’éviter les zones menacées chaque fois que possible. Cette nouvelle gestion des risques a pour but premier la sécurité et l’économie des moyens. Cette année, surveillance et gestion des risques ont coûté 23 millions en Valais, selon les estimations de Pascal Stoebener. Et quelque 600 millions depuis les premiers ouvrages de protection.

Mais pour Olivier Guex, chef du Service des forêts dont dépend la prévention les dangers naturels, «l’avantage est aussi celui de la transparence des informations sur les parcelles qui sont vendues». Une allusion à ces cas où des acquéreurs de terrains n’ont pas été informés de l’interdiction de construire qui grevait leur bien, parce que les zones de dangers ne figuraient pas forcément sur les plans d’aménagement. «Cela est effectivement arrivé avec des parcelles inconstructibles pour cause de dangers naturels, confirme Pascal Stoebener. Mais aussi avec des parcelles enregistrées au cadastre des forêts qui étaient enregistrées comme parcelles à bâtir auprès de la commune.» Les cartes de dangers, rendues publiques la semaine dernière, devraient permettre une meilleure information.