Les cassandres avaient raison. Le canton de Vaud souffre d'un déficit structurel que l'amélioration conjoncturelle de l'économie ne suffira pas à elle seule à juguler. Cruel échec pour une classe politique qui n'a pas réussi ces cinq dernières années à se mettre d'accord sur la moindre amélioration significative, qu'il s'agisse d'augmenter les recettes ou de diminuer les charges.

Et si l'urgence de la situation permettait de briser des tabous? Dans tous les partis, les regards se tournent vers les communes, en particulier les plus nanties. Elles sont en situation de bénéfice structurel, et pourraient assumer davantage de charges. Ainsi, la commission d'enquête sur les EMS y a pensé et recommande que les communes prennent à leur compte la construction des homes.

Une solution plus globale peut même être imaginée. Des voix s'élèvent pour dire que la redistribution des tâches entre l'Etat et les communes (EtaCom) doit se terminer par un transfert d'impôts dépassant la stricte équité comptable, et servant à un rééquilibrage financier. Idée séduisante sur le plan de l'équité fiscale, dont la faisabilité politique n'est peut-être pas si utopique. Le vote de juin sur l'initiative popiste du taux unique donnera à cet égard de précieuses indications.