Une cinquantaine de villes et villages du canton de Neuchâtel (sur 62) ont décidé d'adhérer à une association qui deviendra l'interlocuteur privilégié de l'Etat et favorisera l'échange d'informations. Pendant deux ans, les présidents de quatre associations régionales ont planché sur le projet avec l'aide du chef du Service des communes. Il ne reste plus qu'à adopter les statuts et à financer (30 centimes par habitant) le secrétariat de la nouvelle association, qui devra travailler dur pour ne pas ressembler à une amicale.

La plupart des cantons, et particulièrement ceux de Berne, Fribourg, Genève et Vaud, peuvent compter sur une telle association. A Neuchâtel, l'absence de dialogue avec l'Etat s'est fait sentir quand il a été question de péréquation financière, et aujourd'hui, de désenchevêtrement des tâches entre les communes et l'Etat.

François Cuche, président de la région LIM Val-de-Ruz, a fait partie du Groupe de travail avec les autres présidents des régions neuchâteloises, soit Charles Augsburger, de La Chaux-de-Fonds région Centre-Jura, Eric-André Klauser, LIM Val-de-Travers, et Jacqueline Paeder, du Landeron, présidente du Groupement des communes du Littoral neuchâtelois. Il explique: «Nous ne sommes pas en train de créer un mouvement de fronde contre l'Etat. Nous voulons à la fois être consultés et participatifs.» Quoi qu'en dise François Cuche, le gouvernement neuchâtelois impose souvent sa manière sans trop de ménagement.

Amicale ou lobby?

Reste que l'Association en passe d'être créée n'aura de poids que si elle travaille dur. C'est en tout cas l'avis de Jacques Hirt, de La Neuveville, qui fut président de la conférence des maires du Jura bernois et du district de Bienne, réunissant quelque 48 des 50 communes de la région. Il dit: «Le pouvoir, c'est quelque chose qui ne se donne pas, mais qui se prend. Notre conférence des maires a 12 ans d'âge. Au début nous avons bossé comme des fous, avec une réunion par mois et deux assemblées annuelles.» A écouter Jacques Hirt, c'est la seule manière pour éviter de devenir une amicale, et d'avoir la stature d'un lobby face à l'Etat.

Lobby? Dans le canton de Berne, les maires sont élus au système majoritaire. «Nous représentons donc la majorité de la population.» A Neuchâtel, les exécutifs sont élus par le législatif, et le président de commune est désigné par ses pairs, souvent en vertu d'un tournus annuel. Cela lui donne moins de poids. «J'espère, dit Jacques Hirt, que les Neuchâtelois enverront au moins leur président de commune représenter la localité.» L'avenir le dira.