éducation

Les communes vaudoises prêtes à dialoguer avec le milieu parascolaire

Après la mobilisation de 8000 personnes contre les nouvelles normes du parascolaire et l’annonce d’une seconde grève, les communes sont prêtes à recevoir les professionnels. Un gel du règlement n’est ni prévu ni exclu

Critiqué depuis des semaines pour avoir édicté des nouvelles règles pour l’accueil parascolaire dans le canton de Vaud, qui revoient les prestations à la baisse, l’Etablissement intercommunal de l’accueil parascolaire primaire (EIAP) a fait savoir mercredi qu’il était prêt à rencontrer ses détracteurs, les professionnels du parascolaire, le 11 décembre. Ces derniers avaient débrayé le 13 novembre dernier, réunissant plus de 8000 personnes dans les rues de Lausanne. Ils prévoient une seconde action de grève lundi prochain. Entretien avec Christian Kunze, président de l’EIAP et syndic de Chavornay.

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Pourquoi avoir finalement accepté le dialogue? Le canton vous a-t-il forcés à le faire?

Le canton ne nous a rien imposé, il reste en dehors, même si nous échangeons avec lui. Nous n’avons d’ailleurs jamais refusé le dialogue. Ce reproche des opposants est faux. Nous sommes dix personnes (au sein du groupe de travail de l’EIAP), il n’est donc pas facile de se réunir. Nous avons d’abord dû trouver une date. Depuis juin, nous recevons des lettres dans lesquelles nous sommes traités d’incompétents: ce genre d’échange refroidit et engage peu à ouvrir le dialogue.

Dans quelle optique envisagez-vous la rencontre du 11 décembre? Est-elle un alibi ou allez-vous faire un pas en direction des opposants?

Nous voulons avant tout les rencontrer et comprendre ce qu’ils nous reprochent. Car ils remettent en cause des aspects qui sont déjà actuellement en vigueur.

C’est-à-dire?

Dans le texte actuel, on peut déjà déléguer certaines tâches à des auxiliaires, comme la fermeture et l’ouverture des structures d’accueil ou l’accompagnement d’enfants à l’école. Toutefois, il faut une dérogation. Voyant que les communes recourent déjà à des auxiliaires pour pallier la demande en parascolaire, nous avons décidé, dans le nouveau règlement, de donner la responsabilité aux structures d’engager des auxiliaires lorsque cela est nécessaire. Le futur cadre ne fait que régulariser cette exception. Je tiens à souligner que ce que nous avons intégré dans le cadre de référence nous a été suggéré par les structures d’accueil des communes, nous n’avons donc rien inventé.

L’ampleur de la protestation contre les nouvelles normes montre cependant qu’il y a un problème. Les éducateurs et éducatrices craignent une baisse de qualité des prestations. N’entendez-vous pas cela?

Je ne remets pas en cause cet argument. En revanche, je peine à comprendre les attaques à l’encontre de ce que nous avons mis en place après consultation. Le nouveau cadre n’a pas pour but de remplacer les professionnels par des auxiliaires. Ces derniers sont des étudiants à la HES ou ES et donc des professionnels en devenir. Pour les personnes qui ne sont pas aux études, le minimum exigé est d’avoir 20 ans et une expérience éducative: une mère de famille répond par exemple à ces critères. Quant aux professionnels, Vaud reste un des cantons où les exigences sont parmi les plus élevées.

Un gel des normes est-il envisagé de la part de l’EIAP?

Je ne peux ni infirmer ni confirmer cette éventualité. Nous n’avons même pas encore rencontré les opposants; revenir sur les normes n’est donc pas prévu pour l’instant.

Lundi prochain, les professionnels seront en grève, mais invitent également les municipaux et les membres de l’EIAP à venir leur rendre visite afin d’ouvrir le dialogue. Serez-vous sur place ce jour-là?

Nous n’avons pas émis des consignes au sein de l’EIAP concernant cette action, mais certains des membres seront probablement sur place. Même si mon agenda ne me permet pas d’être spontané, je vais faire en sorte d’être à la réunion principale, à Pully.

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