Que faire quand on est étranger et qu'on a été dépouillé de tous ses biens au cours d'une agression? Une telle mésaventure est survenue récemment à un touriste belge de passage à Lausanne. Le Temps a reconstitué son parcours du combattant.

Un vendredi d'été, ce voyageur était en train d'acheter son billet à l'automate, en gare de Lausanne. Soudain, un groupe de personnes l'attaquent et le dépouillent, avant de fuir à la vue d'un gendarme. Le Belge se retrouve sans bagage, sans pièces d'identité et sans argent.

Vers qui se tourner? D'abord, le touriste dépose plainte au poste de police. Muni de sa déclaration de vol, il doit ensuite chercher un logement pour la nuit. Les policiers le conduisent à la Marmotte, une institution sociale de l'Armée du Salut. Vraiment pas de chance: il n'y a plus de place. Retour à la gare. Avec l'aide d'une hôtesse d'accueil à l'Office du tourisme, il finit par trouver un hôtel qui accepte les paiements sur facture, c'est-à-dire différés.

Le lendemain, le Belge veut rentrer chez lui. Il cherche en vain une aide financière auprès de la police. «Les policiers ne peuvent pas suppléer à la problématique du voyage», indique Philippe Jaton, porte-parole de la Police cantonale vaudoise, quand on l'interroge sur la politique de la police dans de telles situations.

Par contre, l'ambassade ou le consulat, atteignables 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, vendent un laisser-passer peu coûteux sous présentation d'une attestation de déclaration de vol. Reste alors le problème du billet de train, car le consulat de Belgique le plus proche se trouve à Genève.

Au guichet CFF, le touriste se fait rembarrer: pas question de voyager à crédit. Il ne trouve personne non plus pour lui envoyer de l'argent depuis la Belgique. Sur le quai, un contrôleur à qui il s'adresse est inébranlable: pas de billet, pas de voyage. Le malheureux préfère rester à quai.

Finalement, c'est en pleurs qu'il retourne à l'Office du tourisme. Joëlle Schläppi, hôtesse d'accueil, lui paie son billet pour la Chaux-de-Fonds, où une connaissance pourra l'aider. De retour en Belgique, il la remboursera. Enfin, elle espère, car même si elle a bien vu «sa détresse, c'est peut-être simplement un bon comédien».

Cette mésaventure illustre la difficulté pour un touriste étranger de trouver de l'aide auprès des instances publiques en cas de vol. «Heureusement, c'est un cas de figure plutôt rare», note Philippe Jaton.

Par contre, c'est un vol parmi beaucoup d'autres. En gare de Lausanne et dans les trains à quai, on recense 556 vols en 2006 et 550 en 2007.

La dernière cigarette

Si la fréquence est plutôt stable d'une année à l'autre, les techniques évoluent. Depuis l'interdiction de fumer dans les trains, de plus en plus de vols sont commis dans le TGV à quai. Les voyageurs sortent fumer une dernière cigarette, tandis que les voleurs s'introduisent dans le wagon et dérobent les objets de valeur sans surveillance. Un argument de plus pour arrêter de fumer...