Les tractations vont bon train en ce moment entre les organisations faîtières de l’économie et les partis politiques de droite, UDC exclue. L’idée est de parvenir à trouver une majorité politique et économique autour d’un «contre-projet au contre-projet» Blocher-Minder.

«Nous devons faire une contre-proposition allant dans le sens du projet Blocher-Minder sans reprendre les éléments les plus défavorables aux entreprises», explique Peter Dietrich, directeur de Swissmem, organisation qui regroupe 290 firmes de l’industrie des machines. Il s’agit, selon lui, d’augmenter les droits des actionnaires sans laisser l’assemblée générale se prononcer sur les salaires de la direction et les bonus, ni abolir le droit de représentation par les banques.

Economiesuisse, prise de court par la manœuvre de Christoph Blocher qui entend sauver l’ambitieux projet qu’il avait concocté en tant que conseiller fédéral, a mis récemment de l’eau dans son vin. Dans une récente interview, Gerold Bührer, président d’economiesuisse, fixe la ligne de démarcation du «contre-projet au contre-projet». L’organisation lâche du lest en acceptant l’interdiction des «parachutes dorés», le vote des actionnaires sur les salaires du conseil d’administration, et la mise hors course des voix détenues par des actionnaires inconnus ou en main de l’entreprise (actions dispo).

Balle dans le pied?

Par contre, economiesuisse refuse un vote sur les salaires de la direction (bonus compris), la réélection individuelle et annuelle du conseil d’administration, et la suppression du droit de représentation. Swissholdings défend ce dernier point avec acharnement. «Une telle mesure rendrait les titres suisses peu intéressants pour des investisseurs étrangers», explique l’organisation qui défend les multinationales présentes en Suisse. Elle fustige le contre-projet Blocher-Minder qui conduit à «affaiblir les entreprises» et à «se tirer une balle dans le pied».

L’Union suisse des arts et métiers (USAM) défend une position plus dure qu’economiesuisse. Elle voit dans le projet du Conseil fédéral un monstre administratif qui complique la tâche des PME et, par une modification du droit comptable, entraîne des hausses d’impôt. La grande préoccupation des milieux économiques consiste à éviter que la Suisse mette en place, pour les entreprises, un régime plus contraignant qu’à l’étranger.