La crise économique n’a pas affecté les comptes des cantons pour 2009, qui restent le plus souvent positifs. Genève a ainsi communiqué mercredi un résultat net de 322 millions de francs. Compte tenu de la conjoncture marquée par un recul du PIB réel, ce résultat peut être considéré comme «satisfaisant», souligne l’exécutif cantonal.

Les recettes fiscales se montent à 6213 millions de francs, en progression de 56 millions (+ 0,9%) par rapport aux comptes 2008. Ce montant intègre l’impact négatif – 90 millions de francs selon les estimations – d’un récent arrêt du Tribunal fédéral sur l’imposition à la source. Statuant sur le recours d’un Suisse domicilié en France voisine, les juges de Mon-Repos ont estimé que les frontaliers suisses avaient également droit, comme les autres contribuables genevois, à une déduction fiscale pour frais de transport liés à l’acquisition du revenu.

Les charges demeurent maîtrisées. Elles sont en augmentation de 78 millions (+1,1%) par rapport au budget 2009 et en diminution de 0,6% par rapport aux comptes 2008.

Fribourg fait des réserves

Le canton de Fribourg présente son huitième exercice positif consécutif, avec un excédent de 5,8 millions de francs, contre 29,6 millions l’année précédente. Compte non tenu de charges et revenus extraordinaires, l’excédent de revenus était de 114,9 millions. «C’est un fait, les finances du canton de Fribourg ont été peu affectées par la crise», commente le conseiller d’Etat Claude Lässer, pour qui la prudence reste toutefois de mise.

Pour faire face à la conjoncture mais aussi aux projets d’économies de la Confédération, Fribourg affecte à l’avance une partie de sa fortune (plus de 100 millions) sous forme de provisions. Le degré d’autofinancement du canton se monte à 80%.

A ce jour, Neuchâtel est le seul canton romand à présenter des chiffres rouges (–15,4 millions). Le Jura a enregistré un boni de 5,2 millions. Les comptes vaudois seront présentés vendredi.

A Zoug, les comptes restent positifs, mais de justesse. L’excédent de recettes, qui dépassait les 100 millions en 2008 n’est plus que de 1,4 million. Les impôts sur la fortune et le capital sont en baisse, mais les recettes des personnes physiques en forte hausse.

Une manne empoisonnée

La Ville de Genève a également présenté mercredi ses comptes 2009. Et là, divine surprise, le résultat présente un bénéfice record de 161 millions, pour un excédent budgété de 1,3 million. Mais cette manne pourrait bien mettre Sandrine Salerno, la directrice des Finances, et son équipe dans une situation difficile. Il y a quelques mois, criant famine, elle avait vainement fait campagne contre une baisse de l’impôt cantonal qui sera plébiscitée par les électeurs. Le groupe radical de la Ville annonce qu’il va étudier une baisse de la fiscalité communale, tandis que les syndicats SIT et SSP-VPOD dénoncent un matelas accumulé au détriment des salaires de la fonction publique municipale.