Le Valais dans le rouge, pour la première fois depuis dix ans

Budget La gauche s’en prend au frein à l’endettement et aux dépenses, la droite aux charges qui augmentent, notamment dans l’aide sociale

Pour la première fois depuis 2003, les comptes 2013 de l’Etat du Valais sont déficitaires. Son insuffisance de financement se monte à 82,6 millions de francs. Outre des facteurs extérieurs au canton, comme les pertes de la BNS ou la baisse des revenus de la péréquation intercantonale, les rentrées fiscales ont été moins élevées que prévu. Les impôts sur le revenu et la fortune ont rapporté 72,2 millions de moins qu’escompté au budget 2013. «Cette différence ne s’explique pas par l’évolution de la conjoncture économique, plutôt réjouissante en 2013», explique Maurice Tornay, ministre des Finances. «La baisse des recettes fiscales est à mettre en lien avec une politique incitative qui a permis aux ­contribuables de bénéficier de déductions importantes.» Des déductions, votées en 2008 et 2010 par le parlement, pour les frais d’entretien des enfants, les rénovations de bâtiments, les économies d’énergie et l’épargne pour la prévoyance.

Les comptes présentent un excédent de charges de 53,5 millions. En raison d’une augmentation des charges d’exploitation de 1,7% par rapport au budget dans le domaine de la prévoyance sociale et des amortissements du patrimoine financier. Quant aux investissements, ils sont supérieurs aux prévisions, notamment en raison du rachat non prévu d’un centre scolaire dans le Haut-Valais.

Coupes importantes en 2014

Maurice Tornay présente ces comptes déficitaires comme le début de plusieurs années de vaches maigres. En raison du double frein à l’endettement et aux dépenses adopté en Valais en 2005, l’amortissement du découvert doit être reporté sur l’exercice 2015. Pour faire face à cette situation, le conseiller d’Etat a commencé une analyse des tâches et des structures de l’Etat et le budget 2014 a déjà fait l’objet de coupes importantes, notamment dans l’éducation.

Son parti, le PDC, «assume, avec les autres partis de droite, les baisses d’impôts qu’il a initiées», écrit-il, estimant que la situation fiscale valaisanne est favorable aux familles et à la classe moyenne. Il s’oppose à une augmentation des impôts. Mais il souligne, alors que Maurice Tornay est aux prises avec l’affaire Giroud, que chacun doit s’acquitter de ses impôts et que «la fraude fiscale n’est en aucun cas tolérable».

Le Parti socialiste «exige la fin immédiate du double frein à l’endettement et aux dépenses» pour éviter de couper dans les prestations sociales et dans l’éducation. Les Verts lui emboîtent le pas en promettant une initiative populaire à ce sujet, estimant que le canton doit faire face à de nombreux investissements dans le domaine de l’hydroélectricité, du campus EPFL, des hôpitaux et des infrastructures touristiques.

Quant au PLR et à l’UDC, ils s’en prennent aux dépenses. «Non maîtrisées», selon le PLR, notamment dans le domaine de l’action sociale où les subventions accordées dépassent le budget de 18 millions. «C’est l’occasion de réfléchir aux priorités de l’Etat», estime Xavier Mottet, président du PLR.