Malgré une augmentation de 7,5% de ses revenus fiscaux, Neuchâtel ne parvient pas à équilibrer ses comptes. Il subsiste, au bas de l'exercice 2000, un résidu négatif de 12 millions, alors que le budget tablait sur un déficit de 37 millions.

Les 45 millions supplémentaires de rentrées fiscales proviennent à raison de 12 millions de l'impôt des successions et de 22,5 millions de l'impôt des personnes morales. Le Conseil d'Etat y voit l'effet de la reprise conjoncturelle, «bien plus vigoureuse que prévu».

Le gouvernement profite de ce surplus pour alimenter les fonds de promotion économique, de crise et d'encouragement des activités artistiques et culturelles. Sans ces attributions, le déficit aurait encore été réduit d'au moins 4 millions. «C'est une forme de politique anticyclique», commente Robert Schindler, chef du Service financier.

Même s'ils restent rouges, les bons comptes neuchâtelois renforceront dans leurs convictions les partisans d'une baisse de la fiscalité. Une initiative préconise une diminution de 25% des impôts des personnes morales et de 12% pour les personnes physiques. Elle sera traitée dans le courant de l'année. Le Conseil d'Etat n'en veut pas, se dit «vivement préoccupé» et estime préférable d'utiliser les bénéfices annoncés pour les prochaines années pour réduire une dette publique qui avoisine le milliard et demi de francs. Le gouvernement sait aussi qu'il devra répondre à des attentes et des promesses qu'il a faites, pour revaloriser les salaires de la fonction publique et du personnel hospitalier ou pour développer les structures d'accueil de la petite enfance.