«Cette situation très dramatique illustre la difficulté pour les conjoints – quels que soient leur niveau socio-économique et leur statut légal (ndlr, mariés ou non) – à mettre en route une démarche de séparation en préservant leur rôle parental. En d’autres termes, comment ne plus être des conjoints, mais demeurer détenteurs de la coparentalité. Une séparation à l’amiable ne règle pas forcément la question de l’autorité parentale. Au sens strict, un enlèvement est le fait de celui qui ne détient pas cette autorité.

«Nous comptons chaque année aux alentours de 450 situations nouvelles, en lien avec une séparation ou un divorce, sur un total de 1530 nouveaux dossiers. Cela peut aller d’un enfant ­victime de maltraitance physique ou psychologique, d’un acte d’ordre sexuel, d’une carence ou d’une impossibilité grave des parents, ou d’un enfant qui fugue de la maison ou d’un foyer, à un conflit conjugal pour lequel les enfants doivent être placés ailleurs que chez leurs parents. Un parent peut bien évidemment déraper ou disparaître avec ses enfants, mais ce n’est de loin pas la majorité des cas.

«Nous ne comptons que quelques dizaines de cas par année ressemblant à celui de Saint-Sulpice. Je précise d’ailleurs que cette ­famille n’était pas connue de notre service. Par contre, les conflits liés à l’exercice du droit de visite sont beaucoup plus nombreux et nous avons chaque année une centaine de mandats de surveillance de ce droit.»