Les arguments produits par l'enquête Vox peinent à convaincre. Ses interprètes relativisent la gravité du fossé linguistique au premier motif qu'il n'existait pas lors des votations précédentes sur l'assurance maternité. Outre que cette constatation n'est pas neuve, elle semble exclure qu'un équilibre puisse se rompre. Or, en douze ans, les mutations sociales, économiques et culturelles ont été nombreuses qui peuvent avoir modifié en profondeur la relation du citoyen à l'Etat. L'autre explication: la campagne en Suisse alémanique n'a pas été la même qu'en Suisse romande. Le fossé serait donc politique et non culturel. Mais c'est précisément la différence de culture politique entre Romands et Alémaniques qui a agité les esprits. Reste à savoir si l'existence de deux discours politiques distincts est le fait des appareils de partis ou des opinions. Il est surprenant de voir cette question, vieille comme la politique, aussi abruptement tranchée par les auteurs de l'étude.