NEUCHATEL/DOUBS

Concorde franco-suisse sur le pont de Biaufond

Les deux régions ont cofinancé le lifting d'un vieil ouvrage utilisé principalement par les travailleurs frontaliers.

Il y a les inaugurations ronflantes d'infrastructures qu'on présente comme décisives pour le développement d'une région. Il y a aussi la mise en service d'objets d'apparence négligeable, à la symbolique pourtant forte. Ainsi en est-il du pont de Biaufond, qui enjambe le Doubs et appond la route cantonale neuchâteloise 168, au départ de La Chaux-de-Fonds, et la départementale du Doubs 464, direction le plateau de Maîche.

C'est un vieil ouvrage, contemporain de la tour Eiffel, «un exemplaire intéressant des ponts métalliques du XIXe siècle assemblés par rivets», racontent les Ponts et chaussées neuchâtelois. Il est constitué d'une seule portée de 54 mètres et permet de franchir le Doubs depuis 1881. Spécificité: il ne fait pas que traverser une rivière, il déchire également la frontière franco-suisse, qui passe à l'exact centre du tablier.

2000 véhicules par jour

Le pont de Biaufond s'est considérablement dégradé au fil des décennies, au point de devenir dangereux pour ses utilisateurs. Quelque 2000 voitures l'empruntent chaque jour. Biaufond est une porte d'entrée en Suisse des travailleurs frontaliers. Le Conseil général du Doubs et le canton de Neuchâtel ont libéré un crédit de 2,5 millions pour sa remise en état, aujourd'hui terminée. Chacun paie la moitié. La réparation effective du pont, qui a notamment consisté en son lestage d'une bonne centaine de tonnes de béton remplacé par des matériaux plus légers, n'a nécessité que le tiers du montant.

Un quart du crédit a servi à installer, durant les six mois des travaux, un pont de substitution, juste à côté. Un autre quart a été utilisé pour relever le pont de plus de un mètre, l'envelopper dans une structure étanche pour le débarrasser d'anciennes peintures toxiques contenant du zinc, du plomb et des PCB. Pas question de les évacuer dans la rivière.

Ainsi, le petit pont de Biaufond, remis à neuf, dont la membrure supérieure a été peinte en rouge bordeaux, à voie unique, relie de nouveau l'Arc jurassien et la Franche-Comté. A un confluent de frontières, franco-suisse et neuchâtelo-jurassienne. Pour fêter sa remise en état, de nombreux élus locaux s'y sont rendus, vendredi. Du département du Doubs en priorité, mais de Neuchâtel aussi. Fernand Cuche a fait le déplacement pour saluer cette collaboration réussie avec le voisin français. Insistant sur la nécessité de «développer ce qui nous relie».

Publicité