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Andreas Meyer considère que les tarifs ne doivent pas augmenter ces prochaines années.
© Anthony Anex/KEYSTONE

Transports

La concurrence fait pression sur les prix des CFF

Alors que le bénéfice annuel est en hausse, l’entreprise annonce une première salve de baisse de prix à hauteur de 50 millions. Pour des réductions plus importantes, une entente au sein de la branche est nécessaire

Le prix du train va-t-il baisser en décembre à l’occasion du prochain changement d’horaire? Il est encore trop tôt pour le dire, mais la pression augmente en faveur d’une adaptation des tarifs des transports publics à la baisse. L’arrivée des bus longue distance de la compagnie Domo Reisen, dont la mise en service a toutefois été repoussée au 10 juin, n’y est pas étrangère. Ces autocars relieront les principales villes du pays sur trois axes à des prix défiant toute concurrence, mais avec des temps de parcours sensiblement plus longs qu’en train.

A cela s’ajoute la mutation que traverse le secteur de la mobilité: les opérateurs cherchent de plus en plus à proposer des solutions clés en main, porte à porte, de sorte que chacun s’aventure sur le terrain de l’autre, les transporteurs combinant désormais leur offre de base avec une voiture (Mobility, Green Class) ou un vélo (Green Class E-Bike, PubliBike). «C’est un grand défi pour nous», relève Andreas Meyer en présentant les résultats 2017 de l’entreprise mardi. Pour baisser les tarifs de manière plus large, il faut cependant trouver un accord entre les 246 entreprises concessionnaires de la branche et les seize communautés tarifaires. C’est un processus complexe.

Projet pilote en Lavaux

Dans l’immédiat, les CFF agissent sur les prix dont ils ont seuls la maîtrise. Dès le 1er mai, c’est le tarif local qui s’appliquera aux appels de la hotline, et plus celui de 1 fr. 19 la minute. Au lieu de 50%, les billets dégriffés seront vendus jusqu’à 70% moins cher. Les titulaires de l’abonnement général (AG) recevront un carnet de bons. Enfin, les passagers victimes de l’interruption, pendant sept semaines, de la ligne Lausanne-Puidoux pourront faire valoir un droit à des bons de réduction grâce à un projet pilote de dédommagement. Ce programme équivaut à un abandon de recettes d’environ 50 millions, calcule Andreas Meyer.

Lire aussi: Interruption du trafic Lausanne-Berne: les pendulaires seront dédommagés

La santé financière des CFF le permet. En 2017, le groupe a réalisé un résultat de 399 millions, en hausse de 18 millions, grâce à la productivité, au bénéfice de la division voyageurs et au programme d’économies RailFit 20/30. Ce plan d’action a permis d’économiser 785 millions à fin 2017, dont 512 millions sur les charges d’exploitation et 273 millions sur les investissements. Cette situation fâche le Syndicat du personnel des transports (SEV). Il rappelle qu’un tel résultat n’aurait pas été possible sans le personnel. Or RailFit 20/30 a pour effet de désécuriser les collaborateurs et provoque des suppressions d’emplois.

50 000 francs de moins pour Andreas Meyer

Les chiffres sont positifs dans 3 divisions et demie sur quatre, souligne le chef des finances, Christoph Hammer. La section voyageurs affiche un excédent de 186 millions, CFF Infrastructure 100 millions et le secteur immobilier 435 millions. Le bilan est plus contrasté chez CFF Cargo: les opérations internationales se portent, mais l’entité affiche un déficit de 239 millions à fin 2017 et un plan de restructuration a été mis en route. Les CFF publient une analyse de l’utilisation des bénéfices par segment.

C’est évidemment l’affaire CarPostal qui les incite à le faire, puisqu’ils reçoivent eux aussi des indemnités de la part de la Confédération et des cantons pour le trafic régional. Ils rappellent que l’objectif financier visé est l’équilibre et que la loi sur le transport des voyageurs exige la consignation d’éventuels excédents dans un compte de réserves pour la couverture de pertes futures qui seraient provoquées par une diminution des indemnités.

Lire également: En recul, CFF Cargo se met en mode automatique

Dans un contexte de scepticisme croissant face aux revenus des dirigeants des ex-régies fédérales, le salaire d’Andreas Meyer a diminué en 2017. Il a touché tout juste un million, soit 50 000 francs de moins qu’en 2016. C’est le bonus qui a diminué. Dans leur rapport, les CFF rappellent que le Conseil fédéral s’est prononcé à fin 2016 pour un plafonnement de la part variable et des prestations accessoires.

Polémique autour des appels d’offres

Les CFF sont en outre dans le collimateur de parlementaires romands qui ne comprennent pas que l’entreprise n’applique pas une décision du Tribunal administratif fédéral (TAF). En 2017, Le Temps avait révélé que le TAF avait accepté le recours de l’entreprise fribourgeoise Bétontec Gram contre le fait qu’un appel d’offres n’avait été rédigé qu’en allemand. Un accord extrajudiciaire avait été trouvé par la suite. Malgré cela, les CFF ont publié en février 2018 un nouvel appel d’offres en allemand, ce qui a de nouveau fait réagir la société fribourgeoise ainsi que les élus fédéraux Jacques-André Maire (PS/NE), Jacques Bourgeois (PLR/FR) et Fathi Derder (PLR/VD), a révélé L’Agefi.

À ce sujet: Une PME fribourgeoise fait plier les CFF

Doris Leuthard a répondu que, selon la loi sur les marchés publics (LMP), l’adjudication doit être publiée «au moins dans la langue officielle du lieu» où le chantier est prévu. Interrogé à ce sujet mardi, Andreas Meyer dit privilégier une approche «pragmatique» afin de limiter les coûts de traduction. «Si nous étions obligés de tout traduire, cela nous coûterait 10 millions de plus», calcule-t-il. Jacques-André Maire demande désormais que l’on profite de la révision en cours de la LMP pour exiger la publication dans au moins deux langues nationales à partir d’un certain montant.

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