Menaces sécuritaires

La Confédération crée 86 postes contre le terrorisme

Le Conseil fédéral renforce les services de renseignement, de police, d'immigration et de surveillance des frontières

La Confédération va créer 86 postes supplémentaires pour lutter contre le terrorisme. Les nouveaux collaborateurs qui seront engagés seront répartis entre le Service de renseignement de la Confédération (SRC, 23 postes), l'Office fédéral de la police (fedpol, 24), le Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM, 8), le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE, 3) et le Corps des gardes-frontière (Cgfr, 28).

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga avait laissé entendre ces derniers temps que les effectifs du SRC et du Cgfr seraient renforcés pour prévenir les risques terroristes et djihadistes en Suisse. L'évolution observée depuis quelques mois ne manque pas d'inquiéter le gouvernement: le nombre de soupçons et d'informations augmente, 70 cas d'enquêtes - dont 33 procédures pénales - contre des personnes suspectées d'être liées à des organisations terroristes ont été recensés par le Ministère public de la Confédération (MPC).

Intérêts étrangers en Suisse

La Confédération doit disposer de moyens supplémentaires pour effectuer des recherches, coordonner la lutte antiterroriste sur le plan international, protéger les bâtiments de la Confédération et des ambassades et représentations étrangères implantées sur le territoire national. 

L'évaluation du SRC montre que «la menace s'est encore accrue début novembre 2015. Certains indices ont en effet montré que le groupe Etat islamique a envoyé en Europe, ces derniers mois, des personnes chargées de planifier ou d'exécuter des attaques», relève le Conseil fédéral.

La Suisse est-elle elle-même menacée? Le gouvernement indique qu'aucun lien n'a été établi entre les auteurs présumés des attentats ou leur entourage et la Suisse, qui ne semble pas faire partie des «objectifs prioritaires» du groupe terroriste, malgré le fait qu'une vidéo de propagande incluait la Suisse dans listes des cibles potentielles.

En revanche, «les intérêts en Suisse de représentations d'Etats participant à la coalition militaire menée par les Etats-Unis sont de plus en plus menacés, de même que les intérêts russes, juifs/israéliens et arabes», avertit le Conseil fédéral. Par ailleurs, la publicité faite au terrorisme islamiste par les attentats de Paris «pourrait inspirer en Suisse certaines personnes radicalisées et les faire passer à l'acte». Le Conseil fédéral rappelle encore que les autorités et le SRC enquêtent «plus particulièrement» sur la menace terroriste dans la région de Genève.

Le Département fédéral de la défense précise que les 28 postes ajoutés à l'effectif des gardes-frontière ne seront pas limités dans le temps. Leur création avait déjà été décidée, mais pas avant 2017. Vu l'urgence de la situation, le Conseil fédéral a décidé d'accélérer la cadence. Les autres postes sont en revanche limités à trois ans. Leur financement sera assuré dans le cadre d'un supplément de crédit. La demande a déjà été adressée à la Délégation des finances du parlement, qui doit l'approuver.

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