Le comité pour la poursuite des criminels de guerre a choisi la date du 17 juillet, Journée mondiale pour la justice internationale, afin d'annoncer le lancement d'une initiative populaire. Ce texte propose d'instaurer le devoir pour le Conseil fédéral, en plus du simple droit prévu actuellement par le Statut de Rome, de saisir systématiquement la Cour pénale internationale (CPI) lorsque lui sont reportés des crimes relevant de cette juridiction. Une manière de renforcer l'action de la Suisse sans tomber dans les affres de la loi de compétence universelle dont le semi-glas a récemment été sonné en Belgique.

«La guerre en Irak a montré à quel point il est encore aisé de bafouer le droit international», relève Marc Morgan, l'un des déçus et membre du comité. Tout en ajoutant: «Les autorités, et plus particulièrement Micheline Calmy-Rey, ont certes fait part de leur conviction. Mais le but d'un gouvernement n'est pas simplement de sensibiliser le public. L'autorité se doit de saisir les voies de droit lorsque la situation l'exige».

Transformer à l'avenir le Conseil fédéral en une forme de sonnette d'alarme permanente, c'est en quelque sorte le but de l'initiative dont le texte doit paraître le 29 juillet prochain dans la Feuille d'avis fédérale. Le plus dur restera encore à faire: récolter 100 000 signatures en l'espace de 18 mois. Pour que justice soit rendue ailleurs.