Le Conseil fédéral enclenche la marche arrière. Face à l’accueil mitigé qui a été réservé à ses propositions de financement du développement du rail, il a décidé mercredi d’y apporter quelques corrections importantes. Premièrement, la contribution fédréale au futur fonds d’infrastructure ferroviaire (FIF) sera progressivement relevée. Elle augmentera de 100 millions, pour atteindre 2,3 milliards par an, dans un premier temps, et le plafond sera relevé jusqu’à 290 millions supplémentaires d’ici à 2025. Deuxièmement, la participation des cantons sera complètement modifiée. Le Conseil fédéral renonce à exiger d’eux une contribution annuelle de 300 millions pour financer les nouveaux aménagements ferroviaires. En contrepartie, les cantons sont invités à prendre à leur charge le financement des installations d’accueil dans les gares, soit les quais, les escaliers, les rampes, les passages supérieurs ou souterrains. Cette nouvelle formule équivaut à un montant de quelque 200 millions par an.

Troisièmement, les pendulaires pourront continuer de déduire jusqu’à 3000 francs de frais de déplacement de leur déclaration fiscale. Dans un premier temps, le gouvernement songeait à plafonner cette déduction à 800 francs par an. Face au tollé général provoqué par cette proposition, il revient en arrière. Le montant de 3000 francs correspond à peu près au prix de l’abonnement général de deuxième classe, qui passera de 3300 à 3350 francs le 10 décembre prochain. En revanche, les augmentations tarifaires prévues pour financer les nouvelles infrastructures sont maintenues. Une première étape, en 2013, rapportera 200 millions de francs et une second, quatre ans plus tard, 100 millions de plus.

Lors de la consultation, qui s’est déroulée ce printemps, à peu près tout le monde a jugé l’ampleur de la tranche de réalisation prévue à l’horizon 2025 insuffisante. Le Conseil fédéral a proposé 3,5 milliards. Les milieux consultés ont estimé qu’un montant de 5 à 6 milliards serait plus correct. Estimant toutefois que ces demandes n’étaient pas assorties d’un plan de financement «solde», le gouvernement a décidé de ne pas y donner suite. Il en reste à 3,5 milliards. Sont notamment prévus dans cette enveloppe les axes Genève-Lausanne, Neuchâtel-Bienne, Berne-Zurich-Winterthour ainsi que la rénovation des infrastructures de la gare de Lausanne.