Le conseiller fédéral en charge de l'économie ne cachait pas vendredi sa déception après la décision de SAirGroup de se retirer d'Expo.02. Il est d'ailleurs intervenu personnellement pour inciter l'entreprise à revenir sur sa décision. Aux yeux de Pascal Couchepin, SAirGroup conserve des intérêts importants en Suisse.

Le Temps: Quelle est votre réaction au lendemain du désistement de SAirGroup?

Pascal Couchepin: A vrai dire, je ne comprends plus où va le monde! Cette décision a autant de conséquences dramatiques pour Swissair et pour son image dans ce pays que pour l'Expo. Nous avons d'ailleurs eu une conversation téléphonique amicale à ce sujet avec Erich Honnegger. Je lui ai suggéré de revenir sur sa décision. J'ai bien précisé que mon but n'était pas du tout de créer une polémique et que, quelle que soit sa décision, je ne ferai aucun commentaire. Tout au plus le remercierai-je s'il choisissait de faire marche arrière.

– SAirGroup rappelait vendredi que 90% de ses intérêts étaient désormais à l'étranger. Quelles raisons pousseraient encore l'entreprise à vous écouter?

– Tout de même: Swissair reste Swissair! La Confédération est actionnaire de l'entreprise. Et nous lui avons rendu quelques services. Je rappelle que le Tribunal fédéral lui a donné raison dans l'affaire des nuisances sonores à l'aéroport de Zurich. Et je ne parle pas des négociations bilatérales, dont un élément essentiel les concerne directement. Si nous défendons ainsi les intérêts de SAirGroup, c'est que nous considérons que c'est une entreprise importante pour la Suisse.

– Reste qu'on a le sentiment que la Suisse et l'Expo ont plus besoin de SAirGroup que l'inverse…

— Non, je ne crois pas. Swissair est une entreprise suisse, et beaucoup de ses clients le sont encore.

Propos recueillis par A. W.