Radio/TV

La Confédération tire la prise de Billag

La société basée à Fribourg ne percevra plus la redevance. Serafe, une filiale de Secon (ZH), va prendre le relais. Une décision brutale pour près de 250 employés

L’initiative «No Billag» porte mal son nom. Chargée de percevoir la redevance radio-TV, actuellement contestée par les initiants, la société du même nom a en effet perdu son mandat. A l’issue d’une procédure d’appel d’offres public, la Confédération lui a préféré l’entreprise Secon, basée à Fehraltdorf (ZH) et sa filiale créée pour accomplir cette tâche, Serafe SA.

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A Fribourg, c’est la consternation. Billag a son siège au centre-ville, dans le bâtiment de La Poste. La société emploie près de 250 personnes. Son porte-parole, Dominik Müller, indique que la nouvelle leur a été communiquée vendredi matin, quelques heures à peine avant qu'elle ne soit diffusée officiellement. Il ne peut encore rien dire du futur de l'entreprise. Mais la perception de la redevance était la principale activité de Billag, société détenue par Swisscom.

La direction a eu deux heures pour informer ses collaborateurs

Conseiller d'Etat en charge de la Direction de l'économie, Olivier Curty avoue également sa surprise et dit regretter la brutalité de la communication. «La direction a eu deux heures pour informer ses collaborateurs, explique-t-il. Et je connais bien cette entreprise. Nos contacts étaient étroits. J'y côtoyais un personnel motivé, compétent».

Syndicom, le syndicat des médias et de la communication, est mobilisé. Un de ses responsables, Giorgio Pardini, s'inquiète en raison du profil des collaborateurs: soit essentiellement des femmes travaillant à temps partiel. «Bien sûr, elles pourront compter sur un plan social de Swisscom. Mais après? Comment vont-elle trouver un autre travail?», s'interroge-t-il.

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Bouc-émissaire

Billag ne faisait qu’appliquer un mandat confié par la Confédération. Ces dernières années, elle est devenue le bouc émissaire de tous les maux. Son seul nom couvrait les critiques contre le service public, contre les programmes de la SSR, contre la loi sur la radio et la télévision (LRTV), contre le système de redevance et son montant.

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En juin 2015, les Suisses ont accepté de généraliser le paiement de la redevance, laquelle ne sera plus dépendante de la possession d'un appareil de réception. Ce qui simplifiera la tâche. Il n'y aura plus ni contrôles, ni enregistrements ou désinscriptions des assujettis. Toutes les entreprises devront également passer à la caisse. C'est l'Union suisse des arts et métiers (USAM) qui avait lancé un référendum pour contester ce «nouvel impôt». Aujourd'hui, son président, Jean-François Rime, compte bien revenir à la charge. Mais il se dit avant tout étonné du sort réservé à Billag. «Je n'ai jamais rien eu contre Billag. Ils ne faisaient pas un travail facile, mais ils le faisaient».

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Meilleur rapport prix-prestation

Reste que Serafe débutera ses activités le 1er juillet 2017 déjà. La nouvelle société sera chargée de mettre en oeuvre puis d'appliquer les changements liés à la nouvelle LRTV, dont l'entrée en vigueur est prévue pour début 2019. Billag assurera le travail jusqu'à cette date selon le système actuel. 

Dans son communiqué, la Confédération explique que l'offre zurichoise se distinguait des autres par un meilleur rapport prix-prestations, soit 123 millions pour toute la durée du mandat, d'une durée de sept ans. Secon gère déjà l'encaissement pour plusieurs assureurs maladie.  L'entreprise zurichoise compte engager 37 personnes pour sa nouvelle mission.

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