La confiance l’emporte. A l’issue d’une campagne virulente, les Vaudois suivent une fois encore leurs autorités dans la question scolaire. L’alliance radicale-socialiste, qui a porté les réformes successives dans l’histoire du canton, a fonctionné.

Au final, Anne-Catherine Lyon évite le désaveu que ses adversaires lui prédisaient avec trop de confiance. Elle réussit un exercice conforme à la fois à ses vues et à une évolution de quarante ans: dans un canton où le réflexe d’identification rapide des élites semble inusable, l’école se veut avec la nouvelle loi un peu moins sélective, un peu plus intégrante.

Le vote de dimanche, portant sur toute une loi, rejette les solutions simples. Les Vaudois n’ont pas cru qu’il suffise de revenir à l’école d’avant pour retrouver les élèves d’avant, la société d’avant. Peut-être le conservatisme, comme réponse aux problèmes réels de l’école, s’exprime-t-il plus facilement lors de votes ponctuels, comme à Genève sur les notes.

Pourtant les 45% de votants qui se défient de l’institution interpellent. Ils reflètent de lourdes inquiétudes sur les performances de l’école face à un monde très compétitif, le désarroi des parents et des enseignants. Si elles prétendent instaurer une paix scolaire dans la durée, les autorités doivent profiter de la confiance qui leur est accordée du bout des lèvres pour fournir, dans la concrétisation de cette réforme et de ses promesses, des réponses convaincantes à ce questionnement. En vue de la prochaine fois.