Les conclusions établies jusqu’à maintenant montrent que les musulmans expriment une attitude similaire, voire meilleure, à celle des Suisses envers la politique. En ce qui concerne l’exercice des droits civiques, il existe peu de divergences entre les deux groupes de sondés. Ainsi 79,2% des musulmans feraient usage du droit de vote s’ils en bénéficiaient, soit à peine moins que les Suisses eux-mêmes (82,2%).

Le débat public autour du scrutin du 29 novembre tend à affirmer que les porte-parole religieux et les responsables associatifs exercent une grande influence sur les musulmans. Le sondage offre une autre image: sur une échelle de 0-10, les musulmans interrogés se situent en moyenne à 2, affirmant ainsi très peu prendre en considération les avis de ces leaders pour forger leurs opinions politiques. Cela alors même qu’ils se situent à 7,2 sur l’échelle de confiance à leurs institutions (mosquées, centres islamiques, associations), ce chiffre chutant à 4,3 parmi les non musulmans. Les musulmans accordent d’ailleurs une plus grande confiance (5,8) aux institutions chrétiennes (églises et associations) que les Confédérés (5,3). Fait intéressant, cette tendance se confirme au niveau des trois institutions suisses (gouvernement, parlement, tribunaux). Les musulmans sont plus nombreux (7,2) que les Suisses (6,3) à valoriser le modèle helvétique.