Les Suisses sont soucieux de leurs retraites et de leur santé, mais croient de moins en moins au pouvoir des institutions pour apporter des solutions. C’est ce qui ressort des conclusions du dernier «Baromètre des préoccupations» de Credit Suisse, publié ce 5 décembre.

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Réalisée par l’institut de recherche gfs.bern auprès de 2495 personnes disposant du droit de vote et issues de tous les cantons, cette étude met en exergue les inquiétudes de la population depuis 43 ans. Pour la troisième année consécutive, l’AVS et la prévoyance vieillesse sont en tête du classement des préoccupations des Suisses pour 47% des sondés.

L’absence de réponses politiques

Les deuxième et troisième places du podium sont occupées par la santé et les caisses maladie (41%), puis les étrangers (30%). La suite du peloton souligne des craintes quant à l’évolution du climat et de l’environnement (29%), qui progressent de 6 points par rapport à l’an dernier. «Une hausse poussée par la forte présence du changement climatique dans les médias», écrit l’institut. Un thème suivi de peu par le chômage, qui préoccupe 26% des sondés.

«Comme l’an dernier, les deux premières préoccupations relèvent de la politique intérieure, déclare Lukas Golder, chargé de ce baromètre depuis 1995. Les citoyens suisses attendaient des solutions du monde politique, mais estiment qu’aucune réponse n’a été apportée.» Le cofondateur de gfs.bern poursuit: «C’est le signe que les gens sont fâchés, et c’est pourquoi ils ont changé leurs comportements de vote cette année.»

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Le grand thème abordé durant ces élections, et qui figure aussi dans ce baromètre, est bien sûr le climat. Mais le chômage, qui occupe la 5e place du classement, est quant à lui absent des discussions. «La sécurité sociale devrait être abordée, car les Suisses attendent des solutions et des mesures concrètes, observe-t-il. Un fait surprenant à ajouter au débat est la montée des inquiétudes concernant la sécurité personnelle, soit le sentiment d’être en sécurité face à la criminalité et les violences. Ce thème est passé de 12% en 2018 à 26% cette année.»

«Une vraie crise de confiance»

L’étude de Credit Suisse souligne également une chute de confiance envers les institutions du pays. Ainsi, les vingt institutions étudiées «ont perdu plus d’un quart de la confiance populaire en un an», précise le rapport. Parmi elles, les partis politiques, les journaux payants, mais aussi les églises et les employeurs. A l’inverse, les institutions considérées comme les plus fiables du pays sont la police, pour 72% des sondés, suivie par le Tribunal fédéral, pour 65% d’entre eux, et la Banque nationale suisse à hauteur de 58%.

«Nous sommes face à une vraie crise de confiance, signale Lukas Golder. Mais je pense que cette tendance peut encore s’inverser si les inquiétudes des Suisses sont bien prises en considération.» D’après lui, pour regagner la confiance des citoyens, il faudrait davantage de collaboration et de dialogue entre les différents partis.