Le Conseil d’Etat genevois se réunit ce dimanche, conformément à ce qui est prévu dans le plan d’organisation en cas de catastrophe et de situation exceptionnelle. La liste des urgences liées au coronavirus sur lesquelles il est appelé à prendre des décisions est longue. Au sommet figure la fermeture des restaurants et des bars. On sait que les discussions sont vives, à l’interne, entre celles et ceux qui ont les yeux fixés sur la courbe des nouvelles infections, et les autres, qui craignent les retombées économiques d’un resserrement des mesures.

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On peut concevoir que les élections municipales figurent plus bas dans cette liste. Mais la question se posera, tôt ou tard: faut-il maintenir ce second tour, prévu le 5 avril? Il est probable qu’un confinement plus strict encore que celui que nous connaissons aujourd’hui aura été imposé d’ici là. Or, les candidats eux-mêmes le disent: les annulations des débats publics et des stands dans la rue avaient déjà sifflé la fin prématurée de la campagne pour le premier tour.

Les programmes sont connus

Les conditions du débat démocratique que les électeurs sont en droit d’attendre seront-elles assurées lors des trois semaines qui nous mèneront au 5 avril? Oui, juge le président d’un grand parti cantonal. Les programmes électoraux sont connus: «On sait qui veut aider les petits commerçants et qui veut planter des arbres.» Les débats? Ils ont surtout une valeur émotionnelle, répond-il.

On rétorquera qu’il reste nécessaire de poser aux candidats des questions relatives aux nouvelles dynamiques dans les parlements ou au sein des exécutifs. Si bien que certains partis songent à organiser des débats en direct sur les réseaux sociaux, au risque de ne s’adresser qu’à une fraction de la population.

Médias et idées

Dans ce nouveau paradigme, c’est dans les médias traditionnels, ces organisations que certains politiciens aiment tellement railler, que l’échange d’idées doit avoir lieu afin que les électeurs puissent décider en toute connaissance de cause.