La guerre qui s'annonce en Irak électrise la conscience politique des 15-20 ans. Dans tous les cantons romands, de nombreux collégiens se mobilisent pour manifester publiquement leur révolte devant ce qu'ils estiment être «une injustice» et devant «le mépris qu'ont certains dirigeants vis-à-vis des organisations internationales et de la volonté du peuple».

250 manifestants à Genève

Loin de la mobilisation valaisanne, ils étaient 250 à Genève à traverser spontanément la ville, mardi après-midi, pour se rendre devant le siège des Nations unies. En fin de matinée, un petit groupe muni de banderoles et d'un haut-parleur a fait le tour des collèges pour emmener un maximum d'élèves dans le cortège. Tout s'est déroulé dans l'ordre, ou presque: devant le McDonald's de la rue du Mont-Blanc, les chaises du fast-food ont été empilées les unes sur les autres en signe de protestation…

D'autres manifestations sont prévues et annoncées auprès de la direction de la plupart des collèges. Au Collège Saint-Michel de Fribourg, c'est une grève des cours qui se prépare mercredi matin. A Genève, une manifestation d'une journée entière – prévue le lendemain du début des frappes, soit jeudi – devrait entraîner une bonne partie des collégiens. Dans le canton de Vaud, on s'attend également à des actions sans plus de précisions. Bref, le mouvement est bon enfant mais conséquent.

Dans l'ensemble, les Départements de l'instruction publique restent plutôt bienveillants. Voire même compréhensifs. Anne-Catherine Lyon, la ministre vaudoise estime «légitime» ce besoin de manifester. «Au moment où l'on veut revivifier le sens de la responsabilité civique chez les jeunes, on ne peut pas leur interdire de faire état publiquement d'une indignation citoyenne!» Il n'en reste pas moins nécessaire de cadrer cette belle révolte pour éviter qu'elle ne dégénère. Des circulaires dans ce sens ont donc été distribuées à tous les établissements scolaires des cantons. Fribourg a voulu poser des limites en laissant entendre «qu'une grève des cours ne sera pas autorisée et que les élèves qui y participent s'exposent à des sanctions disciplinaires». Officieusement, cette mesure ne servira qu'en cas de gros dérapage. Genève a demandé à ce que les manifestations aient lieu en dehors des heures de cours et Vaud a précisé qu'elles ne devaient pas créer de conflits religieux et ethniques. Mais dans les faits, on soutient. Un doyen d'un collège genevois le dit clairement. «On préfère des élèves sensibilisés que des moutons…»