Le 27 septembre, les Suisses et les Suissesses se prononcent sur un congé paternité de deux semaines, issu de longues tractations politiques. Nous explorons les enjeux de ce choix à travers une série d’articles.

C’est l’un des serpents de mer de la politique fédérale. Le congé paternité, cette revendication taboue qui n’a jusqu’ici jamais été considérée comme une priorité. Pour preuve, une trentaine d’interventions ont été déposées à Berne en treize ans. En vain. Alors que le peuple se prononce le 27 septembre sur une version minimaliste de deux semaines, fruit d’un âpre consensus, retour sur des années de lutte pour permettre aux pères de s’occuper de leur nouveau-né.

Comme la seconde facette d’une même médaille, la revendication des pères naît dans le sillage de l’introduction du congé maternité, obtenu au forceps en 2005 après plus de soixante ans de combat acharné et cinq échecs dans les urnes. Au front, les syndicats et la gauche, pour qui une politique familiale cohérente ne peut exclure les hommes. A Berne, la faîtière syndicale Travail.Suisse tente à plusieurs reprises d’imposer le sujet au sein des deux Chambres. «Nous avons formulé des propositions dès 2006-2007, profitant de l’impulsion donnée par l’assurance maternité», rappelle Adrian Wüthrich, pionnier du combat pour une meilleure reconnaissance du statut des pères et président de Travail.Suisse. Mais, dans un cas comme dans l’autre, le débat avance à très petits pas.