L’homme a passé l’heure et demie de la pause immobile, seul, assis sur un banc. Il a le regard dans le vide et les bras fermement croisés sur une jaquette de sport beaucoup trop petite pour sa corpulence. Ses baskets sont vieilles, tout comme son jeans délavé. Ses verres de lunettes sont épais. Le quinquagénaire ne se relève qu’avec grande peine pour se rendre à la reprise de son procès, la faute à des maux de dos chroniques. Devant le Tribunal criminel de l’arrondissement de la Broye et du Nord vaudois, il se décrira comme «un ours très gentil». Il y a cinq ans, il horrifiait la Suisse romande.

Les faits remontent à l’été 2016. Ils sont sordides. Le Vaudois âgé de 56 ans aujourd’hui avait placé la dépouille nue de sa femme en position fœtale dans un congélateur-bahut. Elle y restera deux mois. Ensuite, il a emmuré la dépouille dans le vide sanitaire sous l’escalier extérieur de leur maison à Orbe, avec un médaillon porte-bonheur, un yoghourt au moka et l’urne contenant les cendres de son frère. Durant toute cette période, il a masqué le décès à son entourage et surtout à ses deux enfants, leur envoyant des messages avec le téléphone portable de la victime.