Candidature

Congrès mondial d’architecture: Lausanne présente ses arguments

Lausanne et la Métropole lémanique se portent candidates pour recevoir le Congrès de l’Union internationale des architectes en 2023. Un projet d’envergure dont Micheline Calmy-Rey est la marraine

Lausanne succèdera-t-elle à Rio? Pas question de Jeux olympiques ici, mais du Congrès de l’Union internationale des architectes (UIA). La ville brésilienne accueillera l’événement en 2020, Lausanne est candidate pour l’organiser en 2023.

Faire rayonner la Métropole lémanique: c’est le but de la candidature de la Ville de Lausanne, présentée dans un salon du bateau Le Rhône à Lausanne, pour faire écho au thème de l’architecture et de l’eau choisi pour le projet. 5000 à 7000 architectes seraient accueillis pendant une semaine dans les villes du bord du Léman où se tiendrait le congrès: Lausanne, Vevey, Montreux, Genève et Evian.

Concurrence danoise

«Copenhague est notre concurrent le plus sérieux», juge Manuel Bieler, architecte et président du comité de candidature, composé des sections locales de la Société suisse des ingénieurs et des architectes (SIA) et de la Fédération des architectes suisses (FAS). Les autres villes en lice sont Madrid, Bakou, Antalya et Kuala Lumpur.

Si Lausanne souhaite tant organiser l’événement, c’est aussi que l’Union internationale des architectes (UIA), aujourd’hui l’une des ONG les plus importantes du monde, est née dans cette ville en 1948. En cas de victoire, le Congrès serait donc de retour aux sources pour fêter son 75e anniversaire.

Amener les architectes sur l’eau pour parler de l’eau

Pour défendre le projet à Séoul en septembre prochain, le comité Lausanne UIA 2023 peut compter sur sa marraine, Micheline Calmy-Rey. L’ancienne conseillère fédérale a accepté de soutenir cette candidature «avec enthousiasme». Elle pointe le lac à la fenêtre du bateau: «Regardez le paysage! Notre architecture en Suisse ne s’est pas développée de façon agressive, c’est une qualité que l’on peut défendre à Séoul. La Suisse est novatrice en matière d’architecture mais aussi de respect de l’environnement.»

Pour convaincre, le comité mettra en avant aussi bien l’architecture de la Métropole lémanique existante, de Le Corbusier au Rolex Learning Center de l’EPFL, que celle de demain, avec notamment le Village olympique de 2020 ou le projet d’Extension du Musée du Léman à Nyon. Le comité de candidature y croit: «Le Léman est un lieu de partage qui serait intéressant pour poursuivre le débat sur l’architecture. On veut amener les architectes sur l’eau pour parler de l’eau», explique Manuel Bieler.

Une vitrine promotionnelle

La Ville de Lausanne et le canton apportent leur soutien à la candidature de Lausanne à hauteur de 240 000 euros chacun. «On ne le ferait pas si ce n’était pas une possibilité pour la région de rayonner», souligne le conseiller d’Etat Pascal Broulis, interrogé sur le risque d’une grogne contre cette somme. «Ça va dans le sens de notre soutien clair à l’architecture ces prochaines années.»

Mais une autre compétition précède le grand concours. Le 6 juillet prochain, le comité de candidature révélera les lauréats du Concours d’architecture international pour étudiants qu’il a lancé. Les participants doivent proposer un lieu-objet qui valorise la candidature de Lausanne, destiné à être exposé dans le hall du centre des congrès de Séoul en septembre prochain. Une première vitrine qui permettra peut-être à Lausanne d’accueillir le 28e Congrès de l’Union internationale des architectes en 2023.

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