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Le Conseil communal veveysan soutient la suspension des deux municipaux de Vevey Libre

L'exécutif de Vevey souhaite «retrouver la confiance» après la parution dans la presse et sur les réseaux sociaux de nombreuses informations internes

La Municipalité de Vevey va devoir envisager de demander au Conseil d'Etat de suspendre les municipaux Jérôme Christen et Michel Agnant. Un postulat en ce sens déposé par l'UDC, le PLR et le PS a passé la rampe à une petite majorité du Conseil communal jeudi.

Pour l'UDC Bastien Schobinger, la suspension des deux municipaux de Vevey Libre, sous le coup d'une instruction pénale pour soupçons de violation du secret de fonction, n'est qu'une question «d'égalité de traitement». «Il faut appliquer ici le même principe qui a prévalu pour Lionel Girardin». Pour rappel, ce dernier a été suspendu de ses fonctions après l'ouverture d'une enquête pénale pour soupçons de conflits d'intérêts.

Plusieurs voix du PS ont aussi soutenu le texte. A l'image d'Isabel Jerbia qui a estimé que sans son adoption il sera «impossible de travailler de manière sérieuse, quel que soit le bord politique». Dans son camp, on a par ailleurs considéré «le postulat pondéré et juste». Ils ont aussi été nombreux à souhaiter «retrouver la confiance» après la parution dans la presse et sur les réseaux sociaux de nombreuses informations internes.

Soupçons de conflit d'intérêts

Que nenni a rétorqué Nicolas Bonjour de Vevey Libre. Et de s'interroger: les deux municipaux ne sont-ils pas des lanceurs d'alerte? S'ils n'avaient rien fait, ne se seraient-ils pas rendus complices? Et peut-on mettre les soupçons de gestion déloyale et de conflit d'intérêts à l'égard de Lionel Girardin au même niveau que ceux de violation du secret de fonction qui visent Jérôme Christen et Michel Agnant? «Nous sommes face à un trou de souris dans lequel on essaie de faire passer un éléphant», a-t-il finalement lâché.

Au final, le postulat a été renvoyé à la Municipalité par 43 oui contre 35 non et 5 abstentions. A noter que le texte attend également de celle-ci qu'elle étudie l’opportunité de demander au Conseil d’Etat de repourvoir les sièges vacants. Lionel Girardin, élu sous la bannière socialiste, a lui été remplacé par Michel Renaud.

Une crise qui dure

A Vevey, la crise couve depuis l'an dernier, avant même que l'affaire Girardin n'éclate au grand jour. En décembre 2017, un processus de médiation suite à des tensions internes à la Municipalité avait d'ailleurs déjà été interrompu.

À ce sujet: L’exécutif de Vevey dans la tourmente

La situation s'est encore envenimée après la révélation des soupçons à l'encontre de Lionel Girardin. Alors qu'il était président de la fondation Apollo, active dans le logement social, l'homme affilié au PS aurait confié des mandats rémunérés à des proches. Il est aussi soupçonné d'avoir exercé au sein de la structure un travail rémunéré via sa propre société, ce qui est interdit pour les fondations d'utilité publique exonérées d'impôts.

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