Au 2e tour de l’élection complémentaire, Béatrice Métraux a devancé l’UDC Pierre-Yves Rapaz de plus de 13’000 voix. L’écologiste a obtenu 54,04% des suffrages, contre 43,15% à son concurrent. A 30,34%, la participation stagne à un bas niveau.

Le Conseil d’Etat vaudois devient ainsi le seul gouvernement cantonal à majorité rose-verte de Suisse romande. L’exécutif vaudois avait brièvement basculé à gauche entre 1996 et 1998 avec l’élection du popiste Josef Zisyadis. En Suisse, seuls Berne et Bâle-Ville sont dans la même situation.

Gauche mobilisée

L’électorat de gauche ne s’est pas démobilisé. L’alliance Verts-socialistes fonctionne bien depuis plusieurs élections. Les voix du centre, 10% au premier tour, se sont plutôt reportées sur l’écologiste. Mme Métraux a gagné 9,5 points entre les deux scrutins, M. Rapaz seulement 2,8.

Pour Pierre-Yves Rapaz, la «malheureuse attaque» de l’UDC suisse contre le PLR lors de l’élection au Conseil fédéral lui a «coûté entre 500 et 1000 voix». Le mot d’ordre de certains centristes «Tout sauf UDC» lui a aussi fait du tort, estime le municipal et viticulteur de Bex. Carton à Lausanne

La syndique de Bottens a cartonné à Lausanne, où elle a remporté 67,26% des voix. Elle a aussi fait de très bon scores dans des bourgs comme Echallens, Orbe ou Sainte-Croix. Elle devient la troisième femme du gouvernement vaudois, une première.

Députée depuis 2007, cette juriste de formation dirige la FSF, le principal syndicat de la fonction publique vaudoise. Française d’origine, elle est mariée à un ingénieur forestier vaudois avec lequel elle a trois garçons. Elle vit en Suisse depuis 1981.

Basculement pour six mois

Le basculement à gauche ne va pas bouleverser la politique cantonale, d’autant que la législature se termine dans six mois. «Il y aura quelques décisions différentes, mais le parlement ne change pas», il reste à droite, a expliqué le conseiller d’Etat socialiste Pierre-Yves Maillard.

Le collège discutera de la question de la présidence du Conseil d’Etat, actuellement en mains du radical Pascal Broulis. «On va éviter l’arrogance», a dit M. Maillard. La question de la répartition des dicastères sera également abordée: le Département de l’économie que menait M. Mermoud est dirigé ad interim par le libéral Philippe Leuba.

La gauche bien placée pour mars

La gauche aborde les élections cantonales du 11 mars en position de force. Les tractations entre partis s’annoncent intenses. «On veut une liste unie. Pour le reste, toutes les hypothèses sont ouvertes», a déclaré la présidente du PS vaudois Cesla Amarelle. Les socialistes négocient avec les Verts, mais aussi avec le centre.

A droite, l’UDC Pierre-Yves Rapaz est partant pour une nouvelle candidature. «J’ai fait campagne pendant deux mois, je commence à être connu», a-t-il déclaré. L’UDC vaudoise se réunira mardi soir en congrès pour décider de sa stratégie.