Genève

Le Conseil d’Etat cherche une affectation pour Pierre Maudet

La durée et les détails de la procédure pénale obligent le gouvernement à sortir du provisoire et à revoir son organisation pour la législature entière. Toute la politique publique de la sécurité sera confiée à un autre conseiller d’Etat

La crise institutionnelle s’aggrave à Genève où l’affaire Maudet s’est transformée en véritable casse-tête pour le Conseil d’Etat. Dans un communiqué diffusé mercredi, l’exécutif annonce la fin des mesures provisoires en vigueur depuis septembre. Il a d’ores et déjà été convenu que Pierre Maudet ne pourra plus présider le gouvernement, ni rester le chef du Département de la sécurité. Même amputé de la direction opérationnelle de la police, ce dicastère conserve des liens étroits avec le Ministère public, notamment sur le dossier très sensible des prisons. Il faudra toutefois attendre le 23 janvier pour savoir quelles seront les nouvelles prérogatives laissées au magistrat en difficulté.

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La nécessité de couper les relations institutionnelles entre le procureur général Olivier Jornot et Pierre Maudet s’était déjà imposée au moment de la mise en prévention du ministre. Le découpage opéré n’a toutefois pas résolu tous les problèmes. Dans une lettre, adressée la semaine dernière au Conseil d’Etat, le patron du parquet annonce la couleur d’une procédure qui va sensiblement se prolonger et souligne les risques de grippage. L’absence d’interlocuteur politique sur la problématique de la détention ainsi qu’une direction bicéphale de la sécurité, assumée désormais avec Mauro Poggia, sont pointées du doigt. Ce d’autant plus que cette politique publique – plus que toute autre – nécessite hiérarchie et clarté.

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Atteinte à la crédibilité de la fonction

Le communiqué du Conseil d’Etat constate aussi que la «construction mensongère» de Pierre Maudet ainsi qu’un comportement qu’il qualifie lui-même, à juste titre, de totalement indigne «ont porté atteinte à la crédibilité de la fonction». Prenant acte de la volonté du ministre de poursuivre son mandat électif, l’exécutif a décidé de prendre des mesures pour l’ensemble de la législature. Fini donc le renoncement seulement provisoire à la présidence et autre saucissonnage. La solution, qui passe par une modification des départements, ne sera certainement pas facile à trouver.

Il faudra aussi veiller à éviter les prestations de serment. Ce matin encore, en sa qualité de responsable du Département de la sécurité, Pierre Maudet faisait jurer ou promettre aux avocats stagiaires «de n’employer sciemment, pour soutenir les causes qui [leur] seront confiées, aucun moyen contraire à la vérité, de ne pas chercher à tromper les juges par aucun artifice, ni par aucune exposition fausse des faits ou de la loi». Un exercice désormais difficile à assumer.

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