L’avenir de Bluefactory se jouera le 13 juin. La population du canton de Fribourg est appelée à se prononcer sur la participation pour moitié à l’augmentation de capital de 50 millions de francs en faveur de la société Bluefactory Fribourg-Freiburg SA (BFF). Un investissement de 25 millions soutenu «avec force» ce lundi par le Conseil d’Etat. Il recommande un oui à ce projet «durable, pertinent pour les générations futures et créateur d’emplois», selon les propos du ministre PDC Olivier Curty.

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Vu l’importance de l’enjeu, le directeur de l’économie était accompagné du président du gouvernement, le socialiste Jean-François Steiert, et du PLR Didier Castella, chargé des institutions. Assurée par les deux co-actionnaires, le canton et la ville de Fribourg, cette recapitalisation permettra la construction de deux nouveaux bâtiments, dont l’un accueillera le laboratoire du Smart Living Lab de l’EPFL. Olivier Curty a rappelé qu’au-delà d'un potentiel de près de 2500 emplois à l’horizon 2040, Bluefactory était également un quartier ouvert à la population, intégrant des activités culturelles et un concept écologique «zéro carbone».

Loin des attentes initiales

Le Conseil d’Etat s’engage dans la campagne avec beaucoup de sérieux. Il est conscient que Bluefactory ne jouit pas forcément d’une bonne réputation dans l’opinion, tant le projet a été marqué par les retards et les polémiques. Véritable serpent de mer de la politique fribourgeoise, le résultat est pour l’heure loin des attentes initiales suscitées par la création de ce quartier d’innovation construit sur l’ancien site de la brasserie Cardinal, au cœur de la ville de Fribourg.

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C’est le 12 février dernier que le Grand Conseil fribourgeois acceptait à une large majorité l’augmentation de capital de Bluefactory. Mais un collectif de 28 députés, emmené par l’UDC, a déposé un référendum parlementaire financier. Fer de lance de l’opposition, Nicolas Kolly estime qu’il est faux de concilier parc technologique et quartier de vie. «On se perd à vouloir faire un petit peu de tout pour faire plaisir à tout le monde», relève le chef du groupe UDC, pour qui un non dans les urnes permettrait de «faire table rase des erreurs du passé et de repartir sur des bases saines».