Attendu sur ce terrain miné depuis de longs mois, le Conseil d’Etat genevois a présenté mercredi ses projets d’avenir pour la police. Sans grande surprise, ce paquet vise à remédier aux défauts déjà dénoncés par plusieurs rapports et par une majorité de la classe politique: le manque de transparence dans la rémunération des forces de l’ordre, la planification problématique du travail sur le terrain et le calcul exotique des heures supplémentaires. Pour faire avaler cette pilule aux syndicats de police- ce n’est pas encore gagné- le gouvernement accorde aussi une attention soutenue à la revalorisation du métier par une augmentation des salaires à l’engagement. Au final, ces mesures devraient coûter quelque 4 millions de plus par année. C’est sans compter d’autres factures importantes liées à cette réorganisation. Tour d’horizon.

Ils sont venus à trois pour soutenir la démarche. David Hiler, président du Conseil d’Etat en charge des Finances, Pierre-François Unger, responsable de l’économie et de la santé et, bien sûr, Laurent Moutinot, le ministre de la Police. Devant eux, un projet de loi pour lequel il faudra demander l’urgence afin qu’il soit traité avant la fin très proche de cette législature, et une pile de règlements d’application qui ne sont pas forcément aboutis mais qui devraient rassurer les députés.

En substance, le gouvernement veut une police plus efficace, plus présente, mieux rétribuée et cela de façon moins opaque. Pour parvenir à ficeler ce «paquet considérable», selon le mot de Laurent Moutinot, il a fallu travailler sur divers plans qui seront mis en œuvre par étapes. La première, prévue pour le début de l’année prochaine, concerne les horaires et la rémunération. Le projet sonne ainsi le glas de du fameux ordre de service dit Spoerri qui prévoyait une compensation de quatre heures pour le travail de nuit. Certaines indemnités ont été supprimées, d’autres renommées ou maintenues. Le paiement de la prime maladie reste acquis.

L’horaire devra être mieux planifié- les gendarmes devront travailler en principe 40 heures par semaine- et une part variable sera prévue pour faire face aux évènements exceptionnels. Les heures supplémentaires- que les édiles espèrent réduites à leur strict minimum- seront majorées d’un montant fixe de 25%. Enfin, le salaire à l’engagement sera augmenté tant pour les gendarmes que pour les inspecteurs de la police judiciaire.

Le 1er janvier 2011, l’étape la plus amère mais la plus incontournable attend les policiers. C’est l’âge de la retraite fixé à 58 ans, contre 52 aujourd’hui (après 30 ans de service). Une période transitoire et des ponts pour éviter une trop brutale rupture de système pour les plus anciens sont prévus dans le projet de loi. Enfin, le Conseil d’Etat envisage de fusionner la police de sécurité internationale avec la gendarmerie à l’horizon 2012. Une manœuvre qui coûtera 70 millions en rattrapage de la caisse de pension. Une brigade spécialisée sera maintenue pour la protection particulière de la Genève internationale.