La pierre d’angle

Jean Studer, 51 ans, socialiste, Justice, sécurité et finances.

Malgré le basculement de la majorité à droite, Jean Studer reste l’incontestable homme fort du Conseil d’Etat. Entouré par quatre nouveaux, il est le seul à avoir une vision globale des enjeux à venir. Il profite en outre de sa double casquette de ministre des Finances et de président du collège pour faire entendre sa voix. Cette stature lui permet de remettre ses collègues à l’ordre. Claude Nicati en a fait l’expérience après son annonce impromptue de reporter au budget 2011 la prolongation de la ligne de bus 10. Dans un contexte économique difficile, le socialiste a la lourde tâche de fédérer les efforts de ses collègues pour boucler un budget 2010 acceptable pour une majorité de députés. Le pari n’est pas gagné.

La femme de dossiers

Gisèle Ory, 53 ans, socialiste, Santé et affaires sociales.

Elue brillamment, Gisèle Ory a hérité avec le sourire d’un département à haut risque. «Un défi», reconnaît-elle, soulignant les connaissances acquises durant son mandat de conseillère aux Etats. Depuis lors, elle a beaucoup consulté. Discrète, studieuse, elle s’est presque fait oublier jusqu’à son coup de gueule contre l’augmentation des primes maladie, rejoignant ainsi son collègue vaudois Pierre-Yves Maillard. Le plus difficile est à venir: elle doit mener à bien la réforme hospitalière en tentant d’apaiser les réflexes régionalistes. Les prochains états généraux de la santé constitueront un test. Si la démarche participative échoue, elle devra démontrer qu’elle est capable d’imposer ses vues.

L’omniprésent

Philippe Gnaegi, 47 ans, libéral-radical, Education, culture et sports.

Philippe Gnaegi ne pouvait rêver mieux: l’ex-directeur de lycée a pris les rênes du Département de l’éducation. Depuis la rentrée scolaire, il est omniprésent. Dans les médias, en multipliant les conférences de presse, et sur le terrain. Son credo: consulter. La démarche porte ses fruits. En trois mois, il est parvenu à renouer des liens distendus durant le mandat de sa collègue de parti Sylvie Perrinjaquet. Les choses devraient se gâter. L’ex-président du PLR a d’ores et déjà annoncé que les lycées seraient particulièrement touchés par les mesures d’économies. Si l’UDC applaudit, la majorité de gauche du Grand Conseil sera beaucoup moins conciliante.

Le fougueux

Frédéric Hainard, 33 ans, libéral-radical, Economie.

L’anecdote n’est pas anodine. En trois mois, Frédéric Hainard a réussi à mettre dans sa poche le président du groupe PLR au Grand Conseil, Jean-Bernard Wälti. Le député fut pourtant un de ses adversaires les plus tenaces durant la campagne électorale en raison de son soutien à l’ex-ministre Roland Debély. La raison de ce retournement? Le benjamin du Conseil d’Etat a effectué des débuts prometteurs, montrant une force de travail peu commune. Bien entouré, bien préparé, il a montré que son jeune âge et son manque d’expérience ne constituent pas des handicaps insurmontables. Il lui reste à canaliser sa très grande spontanéité. Une qualité à double tranchant, surtout pour un ministre.

Le mal-aimé

Claude Nicati, 52 ans, libéral-radical, Gestion du territoire.

C’est un plébiscite: questionnés sur les 100 premiers jours du Conseil d’Etat, les députés interrogés par Le Temps mettent tous le doigt sur les lacunes de Claude Nicati dans le rôle de ministre. Sur le fond d’abord, avec une grande difficulté à appréhender la complexité du jeu politique et une préparation jugée insuffisante. A ce propos, la présentation du rapport sur la réfection de la route cantonale La Sagne - Les Ponts-de-Martel, en juin, a d’emblée donné le ton. Sur la forme, ensuite. Volontiers donneur de leçons, l’ancien procureur agace. Conscient du problème, le PLR a décidé de l’encadrer pour permettre à la majorité gouvernementale d’imposer ses vues, ce qu’elle a eu du mal à faire jusqu’ici.