Difficile fin d'année pour Roland Debély. Attaqué au début du mois devant le Grand Conseil pour sa gestion du projet Renard (réforme des établissements spécialisés), le ministre radical de la Santé et des affaires sociales a à nouveau été pris à parti hier à Neuchâtel. Un comité mêlant représentants politiques et des responsables de crèche a organisé une conférence de presse pour fustiger la politique du Conseil d'Etat en matière d'accueil de la petite enfance.

Dans le viseur du comité: les trois arrêtés du 28 novembre dernier qui visent à augmenter le nombre de places d'accueil au 1er janvier 2008. Le gouvernement a décidé de réduire de 4 à 3 m2 l'espace intérieur minimum par enfant permettant d'augmenter la capacité des structures existantes de plus de 20%. Il a également introduit un taux d'encadrement plus souple. Aujourd'hui, une structure doit disposer d'un adulte pour 10 enfants dès 4 ans. La limite sera élargie à 15 enfants.

Les professionnels assurent que la quantité nuit à la qualité. D'autant que les 1500 places de crèche du canton sont localisées dans des petites structures souvent mal adaptées à l'accueil d'enfants. «Le Conseil d'Etat estime que c'est la même chose d'avoir 10 ou 15 gosses sous sa responsabilité, regrette Claudine Staehli-Wolf, députée popiste et ancienne éducatrice de la petite enfance. On passe d'une approche éducative au gardiennage. Cela démontre l'ignorance des décideurs.»

Autres griefs évoqués: la modification du barème de facturation qui prétérite les plus démunis, et le non-respect de la volonté populaire. Le Conseil d'Etat avait jusqu'à l'automne pour soumettre au Grand Conseil l'initiative populaire «pour un nombre approprié de structure d'accueil de qualité». Il ne l'a pas encore fait. «Comme excuse, le gouvernement prétexte une surcharge de travail, regrette Benoît Couchepin, membre du comité d'initiative. Dans le même temps, il impose trois arrêtés sans consulter personne. C'est une confiscation du débat démocratique.»