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Dans le cadre de la présentation de son nouveau régime financier cantonal, le conseiller d’Etat Laurent Kurth a annoncé mercredi qu’il souhaitait abaisser entre 12,5 et 13,5% le taux d’imposition du bénéfice des sociétés.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT/Keystone

Fiscalité

Le Conseil d’Etat neuchâtelois veut baisser les impôts

Le canton lance mercredi une vaste réforme. Il compte notamment fixer l’imposition des entreprises entre 12,5 et 13,5%, un taux qui lui permettra de rester attractif. Les particuliers ne seront pas oubliés

Après des mois de crise politique autour de son budget 2018, le gouvernement neuchâtelois veut donner une nouvelle impulsion à sa politique fiscale. Il veut surtout rester attractif. Dans le cadre de la présentation de son nouveau régime financier cantonal, le conseiller d’Etat Laurent Kurth a annoncé mercredi qu’il souhaitait abaisser entre 12,5% et 13,5% le taux d’imposition du bénéfice des sociétés, actuellement fixé à 15,6%.

Le futur taux sera donc inférieur à ceux des autres cantons romands, notamment Vaud (13,79%) et Genève (13,49%). «Nous n’ambitionnons pas de devenir Zoug ou Nidwald, se défend le chef du Département des finances. Au niveau suisse, la moitié des cantons se situeront entre 12% et 14%.»

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Neuchâtel joue gros dans le cadre du Projet fiscal 17 (PF17), aujourd’hui entre les mains du parlement fédéral. Celui-ci prévoit la fin des statuts spéciaux que la Suisse accorde aux multinationales, un procédé décrié sur le plan international. Le canton est particulièrement exposé: la part des sociétés à statut spécial dans le produit annuel de l’impôt sur le bénéfice du canton se monte à 62,3%. C’est le plus haut du pays. «L’enjeu, pour nous, n’est pas de récupérer davantage de recettes fiscales, mais de ne pas en perdre, commente Laurent Kurth. Il en va du maintien de beaucoup d’emplois.»

Barème d’impôts abaissé

En parallèle, le Conseil d’Etat envisage de diminuer la charge fiscale des particuliers, très lourde à Neuchâtel. Il prévoit ainsi de baisser le barème d’impôts, ainsi que des allégements ciblés pour les couples mariés, les familles monoparentales et les catégories de revenus de niveau moyen. L’imposition de la valeur locative sera réduite. Le principe de déduction illimitée des frais de déplacement sera maintenu. «Il est impossible d’ouvrir le chantier de la fiscalité des entreprises sans celui de l’imposition des personnes physiques», relève encore l’élu socialiste.

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Reste que ces changements seront délicats à mener dans un canton dont les comptes ont plongé dans le rouge vif. Les différentes mesures prévues induiront une perte de substance fiscale de plus de 100 millions de francs. Une baisse qui devrait être compensée par les effets de l’abandon des statuts spéciaux et la participation accrue à l’impôt fédéral direct. Par ailleurs, le Conseil d’Etat veut élargir aux fonds de placement et aux personnes physiques la perception de l’impôt foncier perçu sur les immeubles de rendement, comme c’est déjà le cas dans beaucoup de cantons. «La réforme est équilibrée», promet Laurent Kurth.

A relever que ce projet s’accompagnera d’une révision du système de péréquation intercommunale et d’une modernisation du système de gestion financière. Après consultation, elle devrait être soumise à l’approbation du Grand Conseil cet automne, pour entrer en vigueur dès le 1er janvier 2019.

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