Actuellement, le Conseil d'Etat valaisan est composé de trois démocrates-chrétiens, d'un radical et d'un socialiste, davantage par gain de paix que par logique électorale. Au système majoritaire, le PDC, qui fait un peu plus du 50% de l'électorat, pourrait obtenir la totalité des fauteuils. L'arrivé de Peter Bodenmann en 1997, puis de Thomas Burgener en 1999, a créé une répartition proportionnelle de fait entre les diverses composantes politiques du canton. Les radicaux, avec un peu plus de 20%, disposant d'un siège, tenu aujourd'hui par Claude Roch.

Cependant, les socialistes valaisans estiment qu'il faudrait entériner cette situation en passant à une véritable proportionnelle ancrée dans la Constitution. Ils ont déposé jeudi une initiative en ce sens, avec 6544 signatures récoltées durant les douze derniers mois. Pour le président des socialistes du Valais romand, Charles-Marie Michellod, ce texte va plus loin que le simple fait de «consolider» leur siège au Gouvernement: «Avec le système majoritaire, le PDC peut revendiquer quatre sièges, voire, pourquoi pas, les cinq. Cette épée de Damoclès pèse toujours sur la répartition des sièges du Conseil d'Etat. Mais le but premier est de donner aux citoyennes et citoyens valaisans un réel choix lors des élections. Actuellement, ce choix est opéré par les comités de parti et les électeurs n'ont plus qu'à l'entériner. En adoptant un système proportionnel, nous espérons l'élargir.»

L'initiative socialiste doit maintenant être examinée par la Chancellerie, puis elle fera l'objet d'un débat devant le Grand Conseil, où elle devrait avoir le soutien des radicaux. Une votation pourrait avoir lieu d'ici deux à trois ans. Ce sera une occasion de tester si les milieux politiques valaisans défendront toujours la formule 3-1-1 qui est en vigueur depuis 1997, et qui semble avoir apaisé les appétits de pouvoir du PDC.