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Le Conseil d’Etat valaisan n'ira plus à la Fête-Dieu

En décidant de ne plus participer officiellement à la traditionnelle fête catholique, le gouvernement valaisan suscite de vives réactions

Le rituel a lieu tous les ans à Sion. Après la messe de la Fête-Dieu, une procession, emmenée par l’Évêque du diocèse portant l'ostensoir, traverse les rues de la vieille ville. Dans le cortège, un membre du Conseil d’Etat est présent. Ce jeudi, c’est Esther Waeber-Kalbermatten, la présidente du gouvernement, qui participait à ces célébrations. L'image est d’autant plus forte que l’exécutif cantonal y prenait part officiellement pour la dernière fois.

Le Conseil d’Etat a en effet décidé de réviser son guide protocolaire, qui rendait obligatoire la présence d’un de ses membres. «Notre volonté est de réduire nos participations officielles, qui sont nombreuses, afin de dégager du temps pour des rencontres d’actualité, explique Esther Waeber-Kalbermatten. Nous n’avons rien contre la Fête-Dieu, les membres du gouvernement pourront toujours y participer, dans la commune de leur choix, à titre privé.»

A propos d'un autre débat valaisan du moment: Gabriel Bender: «La campagne des JO révèle un Valais en perdition»

«Un devoir d'Etat»

Mais la décision du Conseil d’Etat ne fait de loin pas l’unanimité. Au Grand Conseil, un postulat urgent issu des rangs de l'UDC, du PLR et du PDC, demandait au gouvernement de revenir sur sa décision, la présence d'un membre de l'exécutif aux célébrations sédunoises étant à leurs yeux «un devoir d’Etat, signe d’un lien étroit entre l’Evêché, le gouvernement et la population.»

Ils n’ont pas été suivi par le parlement, mais l’histoire ne s’arrête pas là. La décision du Grand Conseil a engendré le lancement d’une pétition en ligne pour le maintien de la tradition. Pour expliquer son initiative, l’ancien président du PDC de Savièse, Robin Udry, écrit que «l'argument principal des opposants semble relever de mesures d'économie... que dire lorsque l'on sait que le Conseil d'Etat participe à la Foire du Valais, à la Finale nationale des Reines ou encore à d'autres manifestations privées organisées en Valais?»

Plus de 700 signatures

Plus de 700 personnes l’ont suivi dans sa démarche, en signant la pétition. Parmi elles, le conseiller national UDC Jean-Luc Addor, qui considère qu’il faut cultiver les traditions, «surtout quand elles touchent aux racines chrétiennes de notre civilisation et que la majorité du gouvernement revendique ces racines dans le propre nom de son parti».

Cette mobilisation populaire ne devrait toutefois pas remettre en question la décision du Conseil d’Etat. Une page s'est tournée le 31 mai 2018 en Valais. 

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