Factures sur la table! Le Temps se faisait récemment l'écho du climat de suspicion qui règne au sein du Conseil d'Etat vaudois. Une méfiance telle qu’il avait été suggéré aux journalistes de ne plus communiquer par SMS avec les conseillers d’Etat. Le chef du Département des Finances, Pascal Broulis serait allé plus loin. Lors d'une récente réunion gouvernementale, il aurait ainsi demandé à ses collègues de révéler leurs contacts avec des journalistes.

Concrètement, affirme samedi le Tages-Anzeiger, les factures de téléphones mobiles payées par le gouvernement sont utilisées pour identifier les numéros de téléphone de journalistes sélectionnés, et pour  évaluer les contacts. Une mesure qui s'appliquerait à l'ensemble de l'année écoulée, mais aussi aux factures de téléphone actuelles.

Le Conseil d'Etat vaudois veut pouvoir débattre sans que des informations confidentielles ne se retrouvent dans la presse. A cet effet, il a pris «des mesures» indique samedi la présidente Nuria Gorrite sans toutefois détailler ces mesures.

Garantir la confidentialité

Après certaines fuites sur «l'affaire Broulis» dans la presse, le Conseil d'Etat a «décidé unanimement de prévenir les atteintes à la confidentialité des débats», écrit Nuria Gorrite en réponse à des questions de 24 heures et du Tages-Anzeiger sur ces éventuels contrôles des communications entre ministres et journalistes.

Dans un document que l'ats a consulté, la présidente du gouvernement note que des informations des séances du Conseil d'Etat ont été rendues publiques «par des personnes qui n'y étaient pas autorisées, alors que la loi prescrit le secret des débats» sauf décision du collège. Nuria Gorrite souligne que la confidentialité est «à la base de la collégialité» et ne commente pas les mesures décidées.

Des discussions serrées

La suggestion de Pascal Broulis aurait suscité des discussions serrées au sein du gouvernement. Au final cependant, selon le Tages-Anzeiger, le gouvernement aurait autorisé la section informatique du Département de Nuria Gorrite de se charger de l'analyse de ces factures.

Le Conseil d'Etat a chargé l'Inspection fiscale de contrôler les déclarations d'impôt (2009, 2014 et 2015) de Pascal Broulis. Cette vérification sera soumise ensuite à trois experts neutres et indépendants, avant une publication des résultats fin mai. Le grand argentier s'est retrouvé sur la sellette à cause de sa domiciliation fiscale et de certaines déductions.