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Le Conseil d'Etat vaudois restera à gauche

Béatrice Métraux et Cesla Amarelle sont élues grâce aux villes, et l'apport important de Lausanne. En termes de suffrages, la droite réalise une belle opération

La gauche vaudoise a eu peur, mais elle est désormais rassurée. Le bloc PS-Verts conservera la majorité du Conseil d’Etat. La sortante Béatrice Métraux, et la nouvelle candidate Cesla Amarelle, actuellement conseillère nationale, ont recueilli 49% et 43% des voix, contre 39% à Jacques Nicolet (UDC).

Leur victoire assurée, ce dimanche après-midi, les élus majoritaires ont orchestré leur montée des marches vers le nouveau parlement – la voir en vidéo.

La jolie opération d’Isabelle Chevalley

La Vert’libérale Isabelle Chevalley obtient 38% des voix. Avec près de 60 000 enveloppes, pas loin du score de Jacques Nicolet, elle a réalisé une jolie performance ce dimanche.

Sur le front de gauche, la mobilisation a fonctionné

A gauche, le raisonnement a été simple: mobilisation générale. La gauche vaudoise jouit d’une puissante machinerie, surtout dans une telle configuration: les écologistes ont afflué pour défendre leur candidate, les socialistes ont appuyé, et il n’y a aucune extrême gauche pour jouer la trublionne.

Toutefois, les responsables de gauche ont pu avoir quelques frayeurs. Durant une partie de l’après-midi, Cesla Amarelle n’a pas été aussi bien soutenue qu’imaginé. Face à une Isabelle Chevalley qui a joué l’outsider pendant un moment, et un Jacques Nicolet qui a même dominé le jeu au début de l’après-midi, la concourante socialiste a semblé à la peine.

Finalement, les apports d’Yverdon, sa ville, et Lausanne ont été déterminants.

Une campagne peu ordinaire

Le premier round s’était déroulé de manière routinière dans le canton du «compromis dynamique», cette alliance objective à la tête de l’État entre le socialiste Pierre-Yves Maillard, président, et le chef PLR des Finances Pascal Broulis. Le 30 avril, les trois élus PLR ont été fort bien réélus, de même que les socialistes Pierre-Yves Maillard et Nuria Gorrite.

A ce sujet: Elections vaudoises: cinq réélections et trois surprises

L’irruption Chevalley

Au soir du 30 avril, la Vert’libérale Isabelle Chevalley a vite laissé circuler l’hypothèse de sa postulation. Confirmation le lendemain, au moment de la clôture des listes: à la stupéfaction de certains membres de ces partis, le PLR, l’UDC et les Verts’libéraux se sont alliés pour pousser le ticket Jacques Nicolet, candidat du «centre droite» au premier tour, avec Isabelle Chevalley, conseillère nationale. La propulsion de candidats entre les deux tours n’est pas nouvelle, mais elle demeure rare.

Une ambiance politique totalement différente

Du clopet, l’ambiance politique vaudoise a tourné à l’enguirlandée générale. Pendant les trois semaines d’intervalle, le propos s’est acidifié, avec une Isabelle Chevalley décrite comme une arriviste prête à tout, et une Cesla Amarelle dépeinte en menteuse à propos de certaines de ses positions.

Au reste, le choc Chevalley-Métraux a pu susciter un intéressant débat sur l’écologie. La représentante de l’écologie historique, de gauche, défend cette affiliation politique, tandis que depuis quelques années, les Verts’libéraux contestent cet ancrage en défendant un positionnement plus droitier de la défense de l’environnement.

A ce propos: Béatrice Métraux et Isabelle Chevalley: deux écologies en concurrence

Le rêve de la reconquête de la droite

Cependant, c’est la cuisine politique qui a davantage occupé les esprits. Dès le lendemain du premier tour, les stratèges de l’alliance PLR-UDC ont estimé qu’Isabelle Chevalley aurait pu permettre de glaner des voix précieuses, Jacques Nicolet semblant avoir fait le plein.

La droite pouvait-elle ravir la majorité, en faisant passer les deux finalistes? Certains en ont rêvé. D’autres, plus tacticiens, ont relevé le silence et la discrétion de Jacques Nicolet dans l’entre-deux-tours. Il est vrai que la campagne s’est jouée entre les femmes Vert’libérale et socialiste. Le candidat UDC aurait pu profiter de cet affrontement.

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