Riviera

Le Conseil d’Etat vaudois vient à nouveau au secours de Vevey

Décimé après la suspension de trois de ses membres visés par une enquête pénale, l’exécutif de Vevey intègre un second municipal de secours. Après la nomination de Michel Renaud avant Noël, le Conseil d’Etat a désigné mercredi Jacques Ansermet pour soulager les deux édiles veveysans en place

Alors que trois de ses cinq municipaux sont suspendus en raison d’une enquête pénale à leur encontre, la ville de Vevey, qui vit une crise sans précédent, peut souffler un peu. Le gouvernement vaudois, qui avait nommé l’ancien municipal d’Ollon Michel Renaud le 20 décembre pour «apaiser le climat» et «assurer le fonctionnement institutionnel de la commune», a désigné mercredi un second municipal «de secours», Jacques Ansermet, député de 2007 à 2017 et ancien syndic de Chéserex. Le collège est donc presque au complet, mais plus qu’à moitié veveysan.

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Charge de travail excessive

C’est suite à la demande réitérée de la commune que le Conseil d’Etat a décidé de repourvoir un deuxième siège vacant au sein de l’exécutif de Vevey. Le gouvernement cantonal a pris sa décision sans se rendre sur place pour évaluer la gravité de la situation: «C’est après des discussions avec l’exécutif de Vevey que le Conseil d’Etat a, d’entente avec ce dernier, décidé de nommer un deuxième municipal», précise Marco Danesi, délégué à la communication du Département des institutions et de la sécurité (DIS). En cause: une charge de travail, répartie normalement entre cinq personnes, trop importante pour les trois municipaux. Cette année, Vevey accueillera la Fête des vignerons et votera sur le réaménagement de la place du Marché.

Doté d’une «grande expérience au sein d’un exécutif communal», le PLR Jacques Ansermet, qui a été désigné avec «effet immédiat», a déjà rempli la fonction de municipal de secours: c’était au mois d’octobre dernier, lorsque la commune de Bassins subissait une triple démission. «M. Ansermet répondait à toutes les qualités requises», affirme le porte-parole. Repourvoir le dernier siège vacant n’est «pas à l’ordre du jour», d’autant plus que cela créerait un déséquilibre au sein de l’exécutif, qui compterait davantage de municipaux non veveysans.

Missions suspendues à une reprise de fonction

Le socialiste Michel Renaud et le PLR Jacques Ansermet resteront en place tant que Lionel Girardin (PS), Michel Agnant et Jérôme Christen (tous deux Vevey Libre) continueront à faire l’objet d’une suspension, soit en tout cas jusqu’au 30 juin 2019. Celle-ci pourrait être prolongée selon le déroulement de l’enquête. En revanche, si l’un des trois municipaux suspendus devait reprendre ses fonctions, Michel Renaud et Jacques Ansermet verraient leur mission «automatiquement» prendre fin, précise le canton.

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Soupçonné de conflits d’intérêts et poursuivi pour gestion déloyale et abus de confiance, le socialiste Lionel Girardin a été suspendu de ses fonctions en juin dernier. Il aurait confié des mandats rémunérés à des proches alors qu’il présidait la Fondation Apollo, active dans le logement social. Il y aurait aussi exercé un travail rémunéré via sa propre société, ce qui est interdit pour les fondations d’utilité publique exonérées d’impôts.

Quant aux deux élus de Vevey Libre, Michel Agnant et Jérôme Christen, sous enquête pour violation du secret de fonction, ils sont accusés d’avoir transmis des documents internes à la commission de gestion. Estimant être des «lanceurs d’alerte», ils ont toutefois décidé de ne pas faire recours.

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