Nouvelle loi, nouveaux statuts pour le personnel, adaptations tous azimuts: le Conseil des écoles polytechniques fédérales (EPF) entame l'année de tous les changements. Des virages inévitables pour un organisme qui, chapeautant les deux EPF de Lausanne et Zurich ainsi que quatre instituts de recherche spécialisés, doit trouver une nouvelle légitimité.

Il y a un an commençait la crise de succession qui a marqué l'EPFL, avant que, finalement, le président désigné Patrick Aebicher n'accepte de prendre ses fonctions, en avril. Les options prônées par ce dernier, dont une priorité accordée aux sciences de la vie, ont suscité de nombreuses inquiétudes. Et dans ce psychodrame à épisodes, le Conseil de tutelle s'est montré pour le moins malhabile, au point que certains parlementaires ont demandé sa suppression.

Une chance

Par chance pour le Conseil, présidé par Francis Waldvogel, la réforme de la loi sur les EPF a été agendée à cette période. La consultation interne est achevée, mais des options importantes restent à préciser. Le Conseil fédéral analysera le texte en juin. Dans les grandes lignes, les deux écoles devraient y gagner en autonomie par rapport au Conseil. Les pilotes des EPF souhaitent aussi pouvoir prendre des participations dans des sociétés issues de recherches, des spin-off, ou créées dans le cadre des parcs technologiques, les start-up. La loi actuelle n'a pas non plus «une dimension suffisante», selon le vice-président Stephan Bieri, s'agissant surtout de la propriété intellectuelle. L'autre volet sensible, toujours non réglé, concerne la possession des surfaces et des bâtiments. Le domaine des EPF, qui investit quelque 300 millions de francs chaque année en constructions, représente 9,7 millions de m2: le Conseil souhaite garder la main sur ces biens en filialisant leur gestion, mais dans les deux écoles certains préféreraient que les établissements soient seuls maîtres de leurs locaux.

Le peuple ayant accepté le nouveau statut du personnel fédéral, les EPF vont également renouveler leur «ordonnance» – il n'est pas encore question d'une CCT. Pour «lutter contre la précarisation» des assistants, les contrats à durée déterminée seront limités à cinq ans. Ensuite, les jeunes chercheurs devront recevoir un plan de carrière. La réévaluation de la politique salariale des professeurs, devenue sensible pour cause de forte concurrence internationale, n'est toutefois qu'en gestation.

Convention lémanique

Enfin, le Conseil doit préciser son soutien en matière de regroupements, à commencer par le plus important d'entre eux, le projet lémanique réunissant l'EPFL et les universités de Lausanne et Genève. En juin, les directeurs des trois institutions signeront une «convention académique» censée préciser les modalités des transferts de sections entre Université lausannoise et EPFL, ainsi que celui de la pharmacie à Genève. Cela avant que les Vaudois n'aient voté sur le sujet, soumis à deux référendums contre le volet «pharmacie», prévus – jusqu'à nouvel avis – pour la mi-juin. Francis Waldvogel précise que «dans toutes les négociations actuellement en cours, nous ne tenons pas compte du transfert de la pharmacie». Prudence…