«Überraschung in der Waadt», dit le Bund. Et la «surprise», donc, vint de Lausanne, où l’homme du tandem pédalant pour le canton de Vaud au Conseil des Etats – qui semblait inamovible – a changé. Mais «derrière [cette] réelle surprise se cache une certaine logique», comme l’écrit 24 heures: Olivier Français, «c’est un conquérant inattendu qui redonne à la droite vaudoise le siège perdu en 2007. Un grimpeur infatigable, à la personnalité atypique, qui a su surfer sur la dynamique positive du PLR il y a trois semaines (et sur le glissement global du parlement).»

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Luc Recordon cède sa place à la relève

Mais «malgré la solidarité affichée du couple sortant», Luc Recordon, «le Vert aux allures de Portos, n’a pas pu profiter du nouveau triomphe de Géraldine Savary». Il a été «éclipsé» par la relève de la garde chez les Verts. Cela «confirme la stature fédératrice de la socialiste». Et dans l’immédiat, le petit nouveau est placé «devant une montagne. De travail.»

«Car les dossiers fédéraux capitaux pour le canton de Vaud arriveront très vite […]. Les cours de rattrapage seront intenses. Et la nécessité d’une bonne entente du nouveau couple vaudois plus cruciale que jamais». Car on ne pourra désormais plus parler de «candidat alibi» pour la droite vaudoise, écrit la Neue Zürcher Zeitung. Joli «coup» du PLR, renchérit la Handelszeitung.

A Genève, le duo rose-vert a résisté, lui. Ce n’est là «ni une surprise ni un mauvais choix» aux yeux de la Tribune de Genève. «Souhaitable peut-être pas, mais en tous les cas logique dans une élection majoritaire où l’Entente et la Nouvelle Force (UDC-MCG) ont préféré ferrailler l’une contre l’autre, en se rejetant mutuellement la responsabilité de l’ouverture des hostilités, plutôt que de joindre leurs forces.»

Et d’ajouter: «Les dissensions égayées de noms d’oiseaux ont rapidement pris le dessus, excluant toute forme de «gentlemen’s agreement». Ici, le jeu politique se révèle souvent plus sulfureux et imprévisible qu’ailleurs avec des acteurs qui aiment jouer aux boutefeux.» Ce que Le Courrier appelle une «politique de la terre brûlée».

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Commentaire: sabotage réussi

Pour Fribourg, le Blick libre une intéressante analyse du duel entre le président du parti socialiste suisse et ce qu’il appelle un «Top-Kandidat» de l’UDC. Mais au bout du compte, c’est une «Schlappe für SVP»: une gifle pour l’UDC, titre l’Aargauer Zeitung suite à l’élection complètement manquée de Jean-François Rime.

Que s’est-il passé? Ce dernier se voit recalé, «et sévèrement, aux examens de sénateur qu’il a déjà ratés en 2007 et en 2001», commente La Liberté. Explication: «Dans son étrange danse de saint-guy, l’UDC a […] brutalisé ses alliés. Sa conception de l’alliance plus proche d’une «dictature du partenariat» que d’une concertation, a indisposé les électeurs.» D’où la victoire de «la formule magique», titrent les Freiburger Nachrichten.

«Christian Levrat disait lors de la campagne pour sa réélection […] qu’il n’aurait pas été normal que le canton […] fût représenté à Berne par deux sénateurs de droite, rappelle L’Agefi. Les électeurs lui ont donné raison.» Mais alors «pourquoi la gauche, dont la diversité à Genève est légendaire, parvient-elle à s’unir à l’occasion d’élections au système majoritaire, et pas la droite?»

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«Par manque de pragmatisme de la part de leurs adversaires, la socialiste Liliane Maury Pasquier et le Vert Robert Cramer ont en effet été confortablement réélus», poursuite le quotidien économique et financier. «Dans le canton de Vaud, […] les choses se sont passées assez différemment. […] Beaucoup plus ancien et expérimenté […] que le candidat Benoît Genecand à Genève», Olivier Français a finalement battu le Vert Luc Recordon. «Celui-ci, très pragmatique dans ces propos et son travail politique de réseau, mais très à gauche dans ses votes, met ainsi un terme à sa forte présence à Berne. Il ne sera pas facile pour Olivier Français d’y jouer un rôle aussi en vue.»

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