La guerre en Ukraine a fait redécouvrir à la Suisse ce que sont les sanctions. Après quelques hésitations, le Conseil fédéral a fini par reprendre les mesures de l’Union européenne contre l’envahisseur russe. Le gouvernement possède en effet de mauvaises cartes pour décider d’actions autonomes: la loi ne l’autorise à s’associer qu’aux sanctions décrétées par l’ONU, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ou ses principaux partenaires commerciaux comme l’UE. S’il veut aller plus loin, il doit édicter des ordonnances en s’appuyant sur la Constitution. Une voie compliquée. Le gouvernement a donc décidé, déjà avant l’invasion de l’Ukraine, de compléter la loi pour pouvoir sanctionner les Etats de son choix, pour «la sauvegarde des intérêts du pays».